lundi 31 août 2009

L'époque des mots

Quelle époque troublée
Où les mots sont souvent bafoués oubliés
Où leur importance est chaque jour relativisée
Où l'on peut vivre sans écrire
Où l'on peut écrire sans y penser
Et penser sans rire

Pas forcément mieux avant
Pas une raison pour justifier ce penchant
Un geste une réaction
N'oublions pas les mots
Trouvons leur une place au chaud
Pensons-les écrivons-les sans pression

Et quand je dis mot
Le mot dire n'est pas loin
Car des mots sans voix ne servent à rien
Il faut des coeurs pour les lire
Et des glottes pour les dire
Même à demi mot

Rappelons-nous que l'acte d'aimer
Ne consiste qu'à animer sans haine
Qu'il peut en un texte à rime se résumer
Et que celui qui l'arrime ne manque pas d'air

Pensons à oublier
Que l'oubli de penser nous ammoindrit
Oublions de penser
Aux pans serrés de sa robe vert de gris

Pour se libérer du poids des maux
Pour leur laisser une place de choix
Pour faire d'eux les nouveaux rois
Eux les mots

vendredi 21 août 2009

Dieu a donné

Pour Jonathan ("Yehonatan" : "Dieu a donné"),
donné au monde le 17 août 2009

Dieu a donné
Ce qui lui faisait le plus peur
Un libre arbitre à tous les hommes
Des défauts de toutes formes
Peut-être ce qu'il avait de meilleur

Dieu a donné
Arbres et feu pour notre terre
Eau et vent pour notre ciel
De tous ces dons de tout ce miel
Montre-toi digne légataire

Dieu a donné
Nous avons pris
Construit rompu ou inventé
Géniaux ou idiots égoïstes ou inspirés
Nous les hommes nous avons pris

Dieu a donné
Tous ces défis à surmonter
De tes yeux ronds tu les découvriras
Tu grandiras et t'épanouiras
Et tu donneras sans compter

Dieu t'a donné
Un avenir écrit en bleu
A toi de grandir dans la confiance
Dans la joie et l'espérance
Et toute histoire te sera possible

samedi 15 août 2009

Questions réponses

Jamais les questions ne se taisent
Jamais ne le laissent en paix
Le bonheur il en tâte tous les jours
Il est fait de rires de jeux et d'amour
Et pourtant ce malaise

Il se réjouit de ces moments trop rares
Où la simplicité s'invite au détour de regards
Verres partagés, mots simples ou silences amis
De l'émotion qui surgit de ces ondes allongées
Mais toujours ce sentiment de danger

A ces questions s'ajoutent des regrets
Une culpabilité teintée de nuits envisagées
Ce noir broyé n'apporte rien il passe
A qui la faute la vie l'absence ou la fuite
Toujours au bout cette impasse

Mais ces questions il les aime bien au fond
Sans elles comment sentir cet air
Cette musique qui l'emplit de notes vertes
Comment sentir qu'il respire le même air
Que cette araignée bleue pendue au plafond

Jamais les questions ne se taisent
Jamais ne le laissent en paix
Cette guerre c'est son âme sa braise
Son étincelle sa lance son épée

Et les réponses fusent et les réponses fuient

Et les réponses vaines lui posent des questions

vendredi 7 août 2009

La goudale

l'autre jour (oui je sais, ça fait un peu "stand up" de commencer ainsi, et un "stand up virtuel, cela peut avoir diverses consonnances....ceci est un appel caché pour le Djamel Comedy Club...je répète ceci...). Donc l'autre jour j'étais en course (notez l'intérêt principal de cette précision...il n'y en a pas! ah si, ça prouve que je fais des courses...pour moi...seul, et je peux ainsi manger et boire ce que je veux...seul. Tout rapprochement d'un sketch de dany boon est purement vrai).

Donc j'étais en course et je me rendis au rayonnage des bières et je me dis "tiens, si je me goûtais une bières qui m'est inconnue"..je m'en dis des choses intéressantes n'est-il pas. faut dire qu'on a le temps a l'introspection et à la mise en abime de nos propres choix quand on est...seul, ça met du piment à sa vie de se poser des questions aussi simples et désuettes (non, j'ai faux....on m'aurait encore menti?...). et donc d'un pas allant et léger je me dirigeai moi et mon caddie vers le choix proposé. On touche à l'international avec les bières, on touche à tous les pays, européens, asiatiques, océaniens...un vrai G8 se réunit ici chaque jour, et joue à qui mieux mieux pour qu'on choisisse sa conception de la vie, en l'occurence sa conception de "sa bière qu'elle est bonne à boire". Il y a aussi celles du peuple, les familiales, les low cost mais je voulais toucher du doigt au goût du luxe en m'approchant des sacro saintes bières achetées à l'unité...such an alcoholic holy graal. (à ce moment du texte, vous vous demandez toujours ce que l'auteur, donc moi...seul devant l'écran, veut nous dire...et bien figurez vous que lui non plus n'en sait fichtre rien à l'instant même, le but étant d'écrire ici...sur une bière et du miracle de son choix...me semble-t-il).

Et là je vis une bière qui ne payait pas de mine, vu que le package, symbole même du marchandising de l'ère post-modern, ne ressemblait à rien. L'habillage était gris métallisé. ça marche peut etre pour une voiture, mais tant qu'on ne prouve pas que mettre quatre roues et un moteur sur une bière lui donne un air supérieur, je douterai du choix de cette couleur pour un tel objet! C'est vrai quoi, d'habitude les études montrent qu'il faut mettre moult couleurs, texte tape-à-l'oeil, slogan ultra-pompeux et j'en passe et des meilleurs pour attirer le quidam, en l'occurence les hominidés à porte-feuille que nous sommes. Et bien pas là. c'est simple, avec juste une étiquette jaune indiquant "la goudale, bière à l'ancienne..bière de garde de haute fermentation" avec en plus le dessin d'houblon et de blé ou d'orge me semble-t-il, car le dessin est très flou (comme le destin en L1 du PSG chaque saison, ou les repliques tant réfléchies que profondes des divers protagonistes de télé realité...). Sans doute n'avait il plus d'argent pour faire mieux. Ou est-ce un concept marketing (mais ça c'est une autre histoire, car on pourrait parler dans une encyclopédie en 18 tomes, des histoires de concept anthropiques, le concept marketing et la notion de public cible pourrait facilement en occuper 1 ou 2).

J'aime bien la notion de bière "à l'ancienne". Cela fait écho aux autres produits type "la choucroute de ma grand-mère", "les confitures bonne maman", "la tarte chevre-epinard artisanale" (z'avez dejà gouté à ce type de tarte?)...En résumé, pour faire moderne, il faut mettre au gout du jour des produits du passé. En cela en restent-ils "ancestraux", "anciens", "authentiques" ou "artisanaux" (oui car la notion de produit artisanaux me fait doucement rire quand on les trouve en boite et dans les grandes surfaces et non plus sur les marchés..ou alors sur ces derniers, il faudrait parler de "produits artisanaux des marchés fais maisons avec nos mains et non des machines en batterie"...un truc du style). Donc j'ai décidé de gouter cette modernité ancestrale, cette traditionnelle innovation que cette "la goudale" (l'emploi d'un article en rajoute même sur ce caractère authentique et unique...sont forts ces marchématiciens (et vive les néologismes)...).

Continuons cette passionnante aventure de la découverte de ce contenant à houblon fermenté. revenant chez moi (oui ma vie est toujours aussi passionnante), je lu la provenance de cette bière. ça sonnait belge, comme beaucoup de bières à vrai dire (et vive les representations et autres schèmes mentaux que l'on se fait..une bière c'est belge, un plat de pâte c'est italien...et les meilleurs plats du monde sont..français !!!). Donc ça sonnait belge, presque néerlandais (allez savoir pourquoi), mais aussi français par ce côté "à l'ancienne" (on est français môssieur. on fait des produits français môssieur. on a un savoir-faire français môssieur. l'exception culturelle française est connotée sur ce produit de facture artisanale môssieur...). Alors je lis "Douai, France" (chouette c'est donc bien français...puis je continue et vois écris "Imported by: Heba Trading blah blah..Sweden" !!!
merde alors, une bière française à l'ancienne, artisanale, fait main avec toutes les exceptions cocoricoénnes que cela impliquent...fabriquée en Suède!! elle est vraiment de plus en plus moderne cette authenticité de nos produits bien de chez nous. cela voudrait dire que le secret de nos secrets, la fabrication connue, reconnue et transmise depuis des générations de français du cru...a été donné comme cela à nos comparses suédois. "il n'y a plus de saison mon bon môssieur" (a moins que l'on nous ait menti et que les vikings sont en fait des celtes exilés par une trop grande taxation des impôts de l'époque...ça marchait mieux que la suisse à l'époque peut etre...). Bref j'en restais pantois et incrédule..et je voulais crier mon désarroi autour de moi, crier à l'injustice, crier au complot du 11 septembre et bis repetita...seul...je me rappelais que j'étais seul...mon coussin et ma plante "dudule" recevèrent de plein pied toute mon ire (et surtout ne demandez pas l'explication du nom "dudule"....).

tant pis, je me suis résolu à la boire, cette bière du Grand Nord aux accents tricolores. une blonde, je n'avais pas pris le temps de regarder la couleur de ce breuvage auparavant. et là je me dis (cachez cette petite phrase qui va suivre aux enfants de moins de 12.1545 ans et par prévention et précaution, excusez ces propos quelques peu machistes ou déplacés mesdames et mesdemoiselles...surement dû à ma condition de ...solitude..teinté de mon irritabilité récente tout autant que ponctuelle), "et bien vu que je ne l'ais pas dans mon lit, autant la boire, cette blonde!!" (je vous avais prévenu hein...ce fut un acte irréfléchi de ma part, pas la peine de vous énerver maintenant ou de regretter d'avoir lu cette pléthore/ammoncellement/multitude/what else clooney de ligne... Et bien elle se vengea cette blonde car elle cognait fort (plus de 7 degrés...sûrement adaptée au climat scandinave et à ses habitants)..."de quoi découper une tête" me dis-je, "je vais la surnommer la marie-antoinette cette bière blonde à l'ancienne" (oui encore une fois l'exemple parfait de mes réflexions introspectives, vous avez raison). En plus c'est une 50 cl, tant qu'à faire hein, autant renvoyer le buveur de ce breuvage direct au pays du Valhalha !!! ce que je fis, mon Valhalha fut ma chambre et mon tombeau, mon lit.

C'est un plaisir de savoir que vous avez lu jusqu'au bout (sans doute pour moi, pour vous, c'est du "3615 my life" que vous avez regardé. oui j'ai utilisé le minitel plus que Internet pour rester dans cette atmosphère à l'ancienne, je trouve que cela sied mieux au propos). A moins que vous avez fait comme certains le font pour romans, films ou série, vous avez zappé tout le milieu pour vous concentrer sur Introduction et Conclusion, certains font de même en ce qui concerne les relations humaines, ce que je trouve déplorable au passage.

ah oui au fait, la bière fut excellente. La prochaine fois, peut etre vous raconterai-je l'aventure extraordinaire du choix d'un pâté de chez Fauchon ou la lutte intestine entre jeans et toile, pour mon futur pantalon. Que d'aventures mes ami(e)s, que d'aventures....

jeudi 6 août 2009

Montagnes


"A quoi bon soulever des montagnes quand il est si simple de passer par dessus ?"

Boris Vian

vendredi 24 juillet 2009

Le cri

Ce soir-là, le ciel était teinté de rouge
Seul avec ton âme, tu piétinais des idées noires
Chaque nouveau pas sonnait comme une victoire
Une défaite décorée de gloire

Ce soir-là aurait pu être romantique
L'astre rouge se reflétait dans les flots bleus foncés
Mais pour toi ce fut un vide
Plus rien
Un silence entouré d'un vacarme immonde

Ce soir-là, les mouettes étaient étrangement absentes
Avaient-elles deviné
Posées sur un rocher elles semblaient méditer
A ce drame en suspens
A cet ignoble geste

Ce soir-là je suis partie
Ce soir-là je t'ai laissé
J'ai pris ce raccourci
Vers la fin d'une vie blessée

Ce soir-là tu as crié





jeudi 23 juillet 2009

vie passée ? vie présente....

Petite enfance ordinaire

à troquer les tricots contre des billes en fer

pas de violence, pas d'éclat

pas de quoi remplir les journaux du soir ou la télé du matin

que dalle dans cette petite vie

qui pourrait me faire violence, et pourtant

mon coeur se balance

enfance violée, non...enfance volée, oui

on se promène tranquille dans cette petite ville tranquille

on flâne, on regarde en face

et l'autre en face regarde dans le vide

mais avec son moteur entre les jambes

et sa carrosserie à plus de 70 à l'heure

mon heure est passée en secondes

en secondes qui passent et un rembobinage

aucune tête, aucune sensation, aucune image

j'me promène dans ma mémoire

et je n'y trouve que des impasses, sens interdits et sans issues

sans retour en arrière possible

aucune violence, aucun éclat

tu parles, si contre moi-même et contre ce chauffard

Petite enfance ordinaire?

je ne sais pas, j'me rappelle plus...

mercredi 22 juillet 2009

p'tits quotidiens

On les aimes ces p'tits quotidiens
Ces joies et peines de tous les jours
Ils nous rappellent que nous sommes vivants
Ils vident nos tripes, ils chauffent notre sang
Ces mains sur les reins
Ces souffles sur ces seins
Ces mots au passif lourd
ces larmes salées, salant
Les p'tits plats, entrée, dessert gourmant

Tu les aimes ces p'tits quotidiens
Tu te lèves, exténuées de tes nuits
Tu souris, ta cigarette à la main
Tu avales ces bouffées d'oxygènes
Qui te ramènent à ta condition humaine
J'les aimerai bien ces p'tits quotidiens
Mais je ne ressens plus rien
Je suis la poussière
que tu as balayée de ta vie
Je suis le microbe
dont tu as appris à te guérir
Je suis ton défaut
Que tu as appris à maquiller
Je suis ta rage que tu as appris à maîtriser
Je suis ta peau morte
Que tu as fini par arracher

Existence zéro
Point impact 10
9, 8, 7, 6
5, 4, 3, 1, existence zéro

Ce devait pourtant être bien
Ces p'tits quotidiens
Balade, romance,
Mot sur le frigo,
Engueulades, rires et pleurs,
Cinéma, jeux, repas,
Amis, ennemis, voisins
Ce devait être bien
Ces p'tits quotidiens....
Mais tu voulais rester dans l'exceptionnel
l'extra-planétaire,
Tu voulais du prince charmant, du héros,
du Bruce, du d'Artagnan
Tu voulais décoller pour ne jamais atterrir
Tu voulais te scratcher pour mieux reconstruire
Je ne pouvais t'offrir plus que ce que je ne suis
Je ne pouvais prendre tout ce que tu exigeais
Au bord de la fenêtre, au soleil couchant
Adossés ou accolés sur un banc

J'les aimerai bien ces p'tits quotidiens
Mais tu ne ressens plus rien
Je suis la poussière
que tu as balayée de ta vie
Je suis le microbe
dont tu as appris à te guérir
Je suis ton défaut
Que tu as appris à maquiller
Je suis ta rage que tu as appris à maîtriser
Je suis ta peau morte
Que tu as fini par arracher
Existence zéro
Point impact 10
9, 8, 7, 6
5, 4, 3, 1, existence zéro

Timothé

Trublion de nos vies depuis 2 ans
Il a transformé ces 4 derniers semestres à sa manière
Muant peu à peu en petit garçon durant ces 8 trimestres fugaces
On aurait dit que ces 24 mois coulaient de source
Tellement ces 731 jours ont réservé de surprises
Heure par heure 17 544 fois
Et pas une de ces 1 052 640 secondes n'est à oublier...

mardi 21 juillet 2009

Etoile du Pérou

Une étoile vient de naître
Directement du ciel elle rit, elle pleure
De joie devant ce monde, cette Terre
Qu'elle veille de son coeur d'or.

Une étoile vient de naître
Ses yeux de braise discernent les fils
D'argent qui tissent l'incertain,
Ces yeux qui rient, ces yeux qui pleurent.

Une étoile vient de mettre
Un peu de bleu sur ses yeux
Pour être belle, pour être celle
Que la braise change en feu.

Une étoile vient d'émettre
Un signe pur dont la musique
Met de l'amour dans les coeurs
Et du bleu dans tous les yeux.

Une étoile vient se mettre
Au creux d'un être, un être cher
Sur son épaule, elle se pose
Telle un cygne de cristal.

Une étoile veut s'en remettre
Au ciel, à Dieu, à tout
Ce qui pourrait l'aider à trouver
La soeur de son âme.

Une étoile voudrait être
Être simplement être,
Aimer être en aimant l'être,
Sans Tout, sans Dieu, sans ciel.

lundi 20 juillet 2009

Etrange petit singe

Etrange petit singe qui a perdu ses repères

Qui se cherche, qui ne veut plus se trouver

Qui hésite, question-réponse, hantise

Aucun son, aucune odeur qui lui rappelle

Qui le ramène à son passé, qui le fait présent

Etrange petit singe toujours tête en l'air

Qui regarde ses yeux en train de le regarder

Et cet homme, cette lourdeur , cette emprise

Ces cris, ces rires, ses crocs, ses appels

Ils se demandent le pourquoi tout autant que le comment

Etrange petit singe, étrange petit monde...

dimanche 19 juillet 2009

J'etais juste en train de penser

J'étais juste en train de penser
comme la vie le long d'un cours d'eau
est faite de remous, contour et tranquilité
J'étais juste en train de penser
qu'avec ou sans toi j'apprendrai à vivre et à me respecter,

j'étais juste en train de penser
simplement en train de penser

je sens les fleurs, en ce début de printemps
je regarde les enfants, les parents, dans ce village
j'écoute le son de mes battements de coeur, je suis vivant

j'étais juste en train de penser
simplement en train de penser
que je voulais t'embrasser
te serrer dans mes bras, histoire de te rassurer

j'ouvre la fenêtre de chez moi, je laisse la lumière pénétrer
j'ouvre la porte de chez moi, je laisse mes amis rentrer
j'ouvre au fin fond de moi, je laisse mes émotions me submerger

j'étais juste en train de penser
simplement en train de penser

J'étais juste en train de penser
comme la vie le long d'un cours d'eau
est faite de remous, contour et tranquilité
J'étais juste en train de penser
qu'avec ou sans toi j'apprendrai à vivre et à me respecter,

j'étais juste en train de penser
simplement en train de penser

je m'offre de bons souvenirs à conserver
je m'offre de quoi construire, de quoi rêver
je m'offre des choix, des envies et des projets

J'étais juste en train de penser
comme la vie le long d'un cours d'eau
est faite de remous, contour et tranquilité
J'étais juste en train de penser
qu'avec ou sans toi j'apprendrai à vivre et à me respecter,

Je vois des sourires, je me permets les miens
je vois des danses, des rires et des larmes
je vois des feux, de la musique et des chants

j'étais juste en train de penser
simplement en train de penser

J'étais juste en train de penser
comme la vie le long d'un cours d'eau
est faite de remous, contour et tranquilité
J'étais juste en train de penser
qu'avec ou sans toi j'apprendrai à vivre et à me respecter,

j'étais juste en train de penser
simplement en train de penser

samedi 11 juillet 2009

Trouvaille

Elle attend patiemment
Cette trouvaille que tu couves d'un regard anxieux
Elle t'attend elle ne fait pas un geste

Non pas qu'elle souhaite t'éviter
Mais elle se mérite
Elle ne se donne pas au premier coup de crayon

Elle ne bouge pas
Cette lumière musicale cachée dans une clarté ébouissante
Cette ombre aux traits fins tapie dans une pénombre enveloppante

Elle attend ton geste
Elle attend ta pensée
Celle qui l'emmènera vers sa destinée

Elle médite sur ton indécision
Elle aimerait te souffler des évidences
Mais son mutisme fait sa valeur

Elle ne peut influer sur celui qui la sortira de son trou
Alors elle attend
Elle attend ce déclic inattendu

Et un jour survient le miracle espéré
Elle sort à l'air libre sous tes traits hésitants
Elle s'impose alors brillante et désinvolte

Et ce trésor tu le mets à l'abri
Dans un endroit sûr
Où jamais elle ne pourra être oubliée


lundi 6 juillet 2009

Sénégal, pays de la Teranga

Chaque pas à pas résonnant sur chaque rythme de mon cœur, chaque onde de soleil caressant chaque centimètre carré de ma peau, chaque effluve océanique tonifiant chaque millimètre carré de mon odorat, chaque note de musique amadouant chacune de mes deux oreilles, chaque arôme de ces plats délectant chaque papille de ma bouche, chaque paysage dévoilé se reflétant dans mes yeux devenus enfant, chacun de ces sentiments un pays me l’a offert, comme un cadeau divin pour le petit gens que je suis, ce pays, le Sénégal, pays de la Teranga, terre aux milles couleurs, terre aux milles sons, terre aux milles sourires…

Je n’étais pas venu pour recevoir autant, je ne pouvais imaginer recevoir autant. Je partais pour découvrir un pays, pour rencontrer mes frères et mes sœurs d’Afrique. Je partais aussi pour voir des paysages de l’Afrique Noire, ceux de mon enfance, ceux lus dans mes livres de gosse, ceux regardés dans des émissions Nature, ceux de ces animaux emblématiques, lions, éléphants, buffles et autres antilopes, ceux de ces légendes, de ces êtres mythiques et mystiques. Je partais pour partager aussi, des émotions, parce que je pressentais que mes yeux ne resteraient pas sec, même sous la chaleur de ce pays, partager des rencontres car je partais avec des amis, j’en ai trouvé d’autres, partager des cultures, car nous sommes nés pour nous enrichir, richesse de l’autre et richesse intérieure…

Alors je me souviens de beaucoup, des moments inoubliables, majestueux, uniques et tout ce que le vocabulaire de mon pays peut m’offrir pour qualifier ce que j’ai ressenti. Ainsi, je ne pourrai ne pas mentionner dans le choix de mes photos ces couchers de soleil à en faire fondre le plus froid des cœurs, s’évanouir chaque soir dans l’horizon lointain, rejoindre les contrées des légendes oubliées. Mais je me souviens aussi de ces petits moments que certains pourraient désigner comme futiles ou banals. Et alors ? Ces petits quotidiens sont extraordinaires si on se donne le temps de s’y intéresser. Qui peut se targuer de ne pas être touché par le regard de ses enfants qui accouraient pour venir nous voir, pour nous tenir par la main, pour partager un instant de leur vie au retour de leur chemin d’école. Qui ne peut apprécier un repas autour d’un plat, tous ensemble, tous au même niveau, à même le sol. Qui ne peut se satisfaire d’être réveillé par le doux son du battement des vagues qui vont et qui viennent, comme celui rythmé de la paume sur la peau, symbole de la symbiose du musicien avec son instrument, et ce, même à neuf heures du matin. Qui ne peut prendre plaisir à préparer un petit déjeuner à ces danseuses blanche ou noire de peau, l’art n’a pas de frontière, à les encourager ou les soutenir après ces matinées de danse tant belles qu’éreintantes. Qui ne peut se sentir mieux au contact de nos hôtes, tant en simplicité qu’en gentillesse. Ne pas y avoir de la naïveté ou de la tromperie, en eux est une force incroyable, celle de croire en l’autre et de ne voir qu’en lui un ami avec qui communier. En cela qu’ils en soient tous remercier. Pour ces repas, pour ces danses et musiques improvisées, pour toutes nos sorties, pour ce bal poussière, pour cet accueil, Merci.

dimanche 21 juin 2009

Papa

Pas de doute l'automne avançait
Pour les maïs il était temps
La veille encore tu m'attendais
En travaillant par tous les temps

Soudain une urgence un appel
Une inquiétude dans tes traits
En ce moment rien de réel
Derrière ces yeux que rien n'effraie

Mille chaos sur cette route
Elle est bien loin cette cigogne
Tu la rassures tu l'écoutes
Et moi je tape sans vergogne

L'attente dure mais tu es là
Cette sortie je l'aperçois
Mais pour la fin je suis à plat
Et tu blêmis ça va de soi

Une lumière deux visages
Tes larmes je ne les vois pas
Je ne dis mot je suis bien sage
Mes yeux tournés vers toi Papa

mardi 9 juin 2009

Je t’aime...

« Je crois que je t’aime...
      un peu-
             beaucoup ;
                    c’est pas forcément
                             une folie, non !
                                    Pas du tout ! »

dimanche 7 juin 2009

Hémisphère

Hémisphère droit tu ne peux pas
Comprendre ce pas qui vient qui va
Le mystère doit rester de jais
Où irais-tu si tu savais

Rame sortie tu pagaies en valse lente
De ce bout de bois peint tu tapotes l'eau stagnante
Mais rien n'avance sans discours
Plus rien ne pense si tu cours

Encore ce pas qui résonne là-bas
En ces cas-là tu parles tout bas
Des mots qui tremblent et qui appellent
Qui te ressemblent tristes et rebelles

Un lampadaire qui clignote
A ce hasard tu te frottes
Jours et nuits sur ton visage
Regards cyniques et rides sages

Et puis ces pas s'arrêtent là
Cette nuit sans fond te laisse las
Un sourire rôde sous tes rides
Ils ont compris tes yeux avides

samedi 6 juin 2009

Chuuuuuuut

Au premier jour, rien ne se passa
et là..le silence se fit...
au 2ième jour....
ce silence fut tellement assourdissant que le 3ième jour passa sans un bruit, honteux d'être là et fila le témoignage de ce silence au 4ième jour…
mais lui n'accepta pas la situation, le mutisme du 3ième l'exaspéra...il exigea un retour d'un jour, tout en colère qu'il était, une colère sourde, dans un silence que l'on pourrait qualifier de cathédrale...
la dramaturgie des jours se mit en place...et le silence en tint le premier rôle

...

impressionnant n'est-il pas...JE VEUX DIRE CE SILENCE..imperceptible..on ne le sait pas mais il nous regarde..nous épie..nous envie d'etre autant bruyant..d'être autant en vie...il aimerait nous toucher, nous sentir
mais le silence n'a pas d'âme, n'a pas de coeur..il est malaimé, mal-interpreté...
il est sur notre chemin, l'alter ego de nos pensées, le miroir de nos peurs...
mais le silence ne le sait pas...le vide...l'absence d'oxygène, l'absence de vie qui est son essence l'effraie et il ne voit pas...
il ne voit pas qu'on le regarde, qu'on aime ces moments, le long d'une côte à regarder l'infini, assis à une table à observer un couple s'embrassant, à regarder deux gamins s’amuser dans une flaque,

...

le silence est d'or dit-on..le silence est plus fort que les mots..le silence a plus de sens que le son..sans ce son serons-nous ce que nous sommes..humain...le silence fut la première communication pour l'homme..elle est aussi sa dernière au moment de s'eteindre...
la naissance est un bruit...puis le silence reprend ses droits..le silence est si puissant ...et si désarmant pour lui à la fois...
le silence isole les mots..le silence cloisonne...mais le silence permet aussi d'entendre…
au delà du silence il y a d'autres perceptions...
fais le silence autour de toi et tu verras ...tu entendras...le silence d'une forêt est si reposant et délectable pour entendre le brame du cerf
le silence en classe peut être lui castrateur...à moins de lui donner un sens...ce qui rend ce moment extraordinaire
le silence pour entendre aussi le silence...être dans le désert, être dans une cathédrale...être en silence pour entendre un autre silence peut être si apaisant
je me sens bien à observer autrui, je me sens bien à écouter autrui, je me sens bien à entendre autrui rire, chanter, regarder...je n'ai jamais été un grand parleur...sauf avec moi-même....en silence

...

impressionnant celui-là !!!!...il pourrait etre oscarisé! mais que pourrait-il dire au moment de recevoir son trophée...crier sa joie...en silence, remercier...en silence..peut-etre pleurer et se remémorer ses difficultés pour en arriver là..en silence...ou alors non il ne viendra pas, il est assez prude ce silence, il est de celui qui est bon mais ne s'enorgueillit pas, il n'est pas comme son frère
le mutisme qui lui est lâche, traître, vicieux...il s'est souvent fâché avec ce dernier...silence contre mutisme...quelle affiche...l'hypocrisie rôde en ces cas là pour profiter de la moindre occasion...elle est comme cela l'hypocrisie....oh il ne faut pas lui en vouloir, c'est dans sa Nature...mais il ne faut pas lui donner le terreau dans lequel s'épanouir...
à ce moment là, la voix peut faire écho au silence pour rompre toute négociation avec la troupe des hypocrisies mais aussi calomnie, critique et autres consoeurs...

...

tiens je parle je parle mais je ne le vois plus...j'essaye de le vendre, de lui redorer son blason, ma propre voix a caché sa fuite...le silence est parti en catimini...ma voix s'étouffe, ma voix a honte ...qu'ai-je fais....qu'ai-je fait..je crie mais aucun son ne sort...oh ce n'est pas le silence pour le coup, juste une absence de son...il ne faut pas confondre l'opposé et son contraire...
je me sens bête..peut être devrais-je me taire...être à l'affût tel l'ornithologue à la recherche d'un passereau de passage,...oui c'est ça je vais me taire...pour attirer le silence...lui rendre corps...peut être devrais-je trouver un appeau? un appeau à silence...

...

ne veux-tu pas rompre ce silence...l'Ami

Un jour

Un jour

Un jour je m’en irai
Je ne sais pas mais je m’en irai
Je ne sais où, je m’en irai
C’qui me poussera, je m’en irai

Un jour
Un jour
Un jour
Un jour

Un jour je te fuirai
Trop de mal, je te fuirai
Je ne sais quand, je te fuirai
C’qui est en toi, je te fuirai

Un jour
Un jour
Un jour
Un jour

Un jour je comprendrai
Tout ce temps, je comprendrai
Pourquoi comment je comprendrai
C’qui te touchera, je comprendrai

Un jour
Un jour
Un jour
Un jour

Un jour je finirai
Sur ce chemin, je finirai
Dans ce trou je finirai
C’qui commencera, je finirai

Un jour
Un jour
Un jour
Un jour


Une nuit je me lèverai,
Une nuit

Une nuit je te toucherai
Une dernière fois je te toucherai
Une nuit

Une nuit et puis après
Me pardonneras-tu et puis après
Une nuit

Une nuit et puis après
Le vide, et puis après
Une nuit

Une nuit et puis après
Une nuit et puis après
Une nuit et puis après

Un jour
un jour
un jour
un jour

Mon cœur moqueur...

« Mon cœur moqueur...
...a trompé mon nez !
Mon nez farceur...
...fait rougir mes joues !
Mes joues pommelées ont croqué...
...mes fesses !
Mes fesses furieuses s’sont assises...
...sur mes pieds. . .
Mais là ça l’a pas fait :
J’me suis fait botter les fesses !!! »

lundi 1 juin 2009

A toi

A toi aux yeux brillants de la  lumière céleste
A toi unique magnifique îlot de réceptivité
A toi splendide révélation de l'immortalité
A toi rassurante et lointaine existence
A toi gardienne des étoiles humaines
A toi parole teintée de sages raisons
A toi présence et absence de doute
A toi stigmatisation de l'angoisse
A toi moitié d'un bonheur aperçu
A toi sourire porteur de miracles
A toi douceur de la rosée du soir
A toi rarissime image vertueuse
A toi calme pendant la tempête
A toi embellisement du risque
A toi éclipse de tant de maux
A toi vie mort  mais amour
A toi sensibilité sans cible
A toi disparition soudaine
A toi angé ailé mais libre

A toi tous mes mots