lundi 22 février 2010

blancheur malvenue...

ce bruit incessant
fait de tic et de tac
je cherche la rime
je cherche le son
et je ne trouve qu'une blancheur
papier futile à l'encre volatile
volant mes mots, l'air me supplie
de me taire, moi à l'écriture tarit
tic et tac
son perpetuel, supplice de Tantale
fruit de mon inspiration
flétrit par l'oubli
les mots sont là mais je ne peux les guider
phrase, paraphrase litote et entourloupe
je ne suis qu'un truqueur truqué
par une fausse idée et de mon verbe alité
je n'arrive plus à avancer
mes mots ne me viennent plus
je ne m'approche plus de ces vers
et contre qui je me sentais protégé
fort, je me voyais fort
illusionné, illusions nées
hémisphère à moitié en partance
de l'autre côté à l'aulne de ma suffisance
à l'aulne de mon insuffisance
fort, et pourtant je me voyais fort
un verre à la main à défaut d'un vers bien amené
je me couche à défaut de lui de se coucher
coucher sur le papier
toujours de ce blanc immaculé
qui refuse de s'ouvrir à se plaisir
ce plaisir de l'écriture bien lêchée
tic et tac, toujours au son
de ces tics et de ces tacs
mon angoisse augmente, obsessionnelle, compulsive
serpent de mon esprit, envenimant mon âme
je me meurs mais non de cette folie
qui ont fait naitre de si grand esprit
à la plume virevoltante comme leur herbe en fumée
à cette âme méprisante, de par l'alcool le génie annoncé
ma feuille est blanche et je m'en vais
le son s'étouffant pour un instant, pour un instant seulement
Morpheus m'enserre de ses bras, anesthésié
je resterai une nuit moins agitée
demain de sa clarté cette feuille
m'attendra de son rire moqueur, froissant
froissement d'une feuille puis de plusieurs
vertige et atermoiements
mon inspiration est ailleurs
mon écriture tout autant

5 commentaires:

ptit manu a dit…

la blancheur n'est finalement pas immaculée. A te lire, on aurait pu encore lire des dizaines de ligne. Ce texte se boit comme un "vers". merci

Yanou a dit…

Ce poème est lui-même sa contradiction, c'est plutôt fort, et il est plutôt fort de sens !
Joli essai donc pour quelqu'un en manque d'inspiration. On dit à chaque poète, sa muse : amusons-nous donc des mots !

Sulpiride a dit…

le blanc, le noir ne sont pas des couleurs ou/mais des visions ou états d'esprit... le sombre n'ammène-t-il pas la couleur... tes derniers textes ressemblent tellement peu aux autres... j'adore celui là qui me fait encore croire qu'il n'y a pas que moi... qui se nourrit d'écriture, lit pour oublier et boit pour s'encrer... Yanou dit "fort"... je dirais généreux et lumineux... je me perds... la page blanche... l'objection d'un écriturien.... pas si blanche que ça du reste ta page...

Nairolf a dit…

Encore une fois, un très beau texte à lire et à relire !
Si possible tard le soir avec un verre à la main...

Cmoimanu a dit…

bande d'alcoolique !
Sam il ne boit que de l'eau ^_^

Joli manque d'inspiration, bien construit et nous mettant pour la plupart devant un miroir (ce qui ne fait pas de mal)