dimanche 12 novembre 2017

R. E. V.

Rêvons
Emportons avec nous ces gouttes de pluie
Vibrons au son de cet hymne des cieux
Osons oublier le vide autour de nous
N’ayons pas peur de cet avenir mystérieux
Savourons de chaque instant son écho

Espérons
Sachons voir au coeur de la nuit le jeu des possibles
Parions sans crainte sur l’improbable
Engageons nos âmes à vibrer chaque jour un peu plus
Réalisons que demain est à construire
Ourdissons patiemment les plans les plus beaux
N’oublions pas que de la chute naît le rebond
Saisissons les chances d’aller plus loin

Vivons
Incendions nos affres d’existence
Vouons nos âmes à l’avenir
Osons écouter les battements de nos petits tambours
Ne nous perdons pas dans les coins les plus sombres
Sortons de nous mêmes pour être, simplement être

Auteur : Nairolf 

mercredi 8 novembre 2017

soirées guindées

il est déjà si tard
dans ces soirées guindées
la lune est tombée
trébuchant sur mon ombre à peine voilée
je pousse la porte, je pousse le vice
à boire un verre, sinistre, si lisse
tu danses si maladroitement, dédain
ce qui te fait glisser tes seins, si bien
sur ce tissu que je déshabille
de mon regard quasi malhabile
j'attache à mes gestes la misère provisoire
des rencontres peu attachées aux histoires
où la nuit épuise ce qui ferait un lendemain
à tes mains, à ton ombre je n'appartiens
je traverse le temps, je renverse le palpable
je m'affole, je soc, de la terre, arable
le son est saturé, la lumière détestable
l'écume est là, il crisse, le sable
le temps s'écoule, le temps s'écule
tu m'écrases, ton talon, l'aiguille
je souffle, je souffre, futile
alors je me met à danser
sur ce parquet, crissant, à gesticuler
j'attrape la poussière de ton corps, affolé
aveuglé par ce tissu, ces symboles, ces étés
je ne contrôle rien, je suis contrôlé

il est déjà si tard
encore suffisamment tôt
je caresse alors cet espoir
à défaut de ta peau

mardi 26 septembre 2017

et toi, où es-tu?

T'as oublié
tes sourires
nos balades, ces après-midi
t'as oublié
quand tu élevais la voix
je le regrette presque
ce visage
et toi,
tu ne retiens
que ce qui te ronge
tu appartiens à la nuit
plus qu'à tes songes
t'as oublié
ces fêtes, ces tables
un peu trop remplies
ces minutes de soleil
allongée, en juillet, à midi
t'as oublié
tes lignes de fuite
des horizons, des perspectives
tu t'enfouis à l'oraison
funeste sursis
tu plonges dans ce brouillard
qui t'appelle,
tu essuies
les ardoises, les souvenirs
...mon enfance aussi
t'as oublié
aujourd'hui, hier
tes deux mains, recouvert
par ce voile d'éther
j'étais ici, hier
aujourd'hui sûrement
moins qu'hier
je me ronge à mes idées
je me range à cette idée
que tu as oublié
ici et tous ces hivers
je n'arrive même pas à en pleurer
je laisse cela à tes prières
que tu invoquais naguère
t'as oublié tes fleurs, tes merveilles
que tu dépoussiérais
des jours et des heures
à les rendre pareilles
à tes envies d'enfance,
un éclat à la commissure de tes lèvres
tu tournais les pages, ces images
ces printemps, ces rivières, ensemble
qui t'émouvaient à ne plus savoir qu'en faire
maintenant tu restes immobile
figée derrière ce miroir
où tu te destines
brisée par le temps et cet enfer
pour quelques cassures, tes nerfs ivresse génétique ou que sais-je
envoient tout valser, méandres,
circonvolutions
ablation d'envie
ires neurasthéniques
t'as oublié
l'idée même d'oublier
pour vivre un peu
et aimer beaucoup
t'as oublié ces petits grains
ces petits riens
qui me berçaient
ce petit grain
cette voix, ce petit rien
qui me rassurait
et de tout ça, je ne sais plus quoi en faire
quoi faire
car moi
je ne peux l'oublier
non l'ombre devenue
mais celle qui était
la première femme de ma vie.

jeudi 21 septembre 2017

Aussi

Je reste appuyé
sur mes idées,
contre mes pensées
je vagabonde au fil du goût de tes lèvres
sur ma peau
le soleil est bas, le soleil est beau
l'audace ne me convenait pas
alors tu es venue à moi
comme ça
au détour d'un trottoir
ce jour là, comme toujours
il pleuvait
et je restais appuyé
sur mes idées
contre mes pensées
vagabondes,
fuyantes, effrayées
effaré par le feu de tes paupières
je contournais mes sentiments
c'était la vie, c'était l'amour
j'en convenais
et malgré tout
je restai appuyé
sur mes idées
contre mes pensées
j'étais un peu gauche, un peu extrême
tu en souriais
je m'en souvenais
une larme dans chaque pore
convolais dans chaque port
où je m'étalais
ivre de ces secondes
où le roulis de ton image s'écroulait
sur la grève de mes passions
ivre, malhabile, maladroit
je restais gauche
appuyé
sur mes idées
contre mes pensées
déjà toute une vie
sur ce simple échange
je vivais une demie-vie
dans tes bras, dans ton lot
à faire des plans, vivre sur une comète
à dépenser mon temps sur ta planète
une vie, si tant, et toujours trop peu
tant est si peu qu'il m'en faut peu pour autant
cette poignée de secondes
accroché à ma solitude
mes poignées liés s'en sont allés
me laissant seul
moi, toi, ton ombre et tes habitudes
envolées mes idées
à ne plus penser
j'étais beau, j'étais bien
tu as tourné dans cette rue
la pluie m'a reveillé
j'ai songé sous cette averse
à verser dans le plaisir de la vie
alors j'ai souri
et je le sais toi aussi
puis j'ai pleuré
c'est ça aussi
la vie.

mardi 19 septembre 2017

Amours vagabondes

Rappelle toi cette fable

Nos lèvres inséparables

N'attendant pour se séparer

Que la certitude de se retrouver

Dans les rues d'ailleurs ou d'ici

Au hasard de nos folies

Au pied d'une église inconnue

Nos âmes jumelles portées aux nues

Suivant à la lettre les préceptes d'Epicure

Au fond d'un train ou d'une salle obscure


Rappelle toi mon âme

Combien de joies combien de larmes

S'éparpillent et se confondent

Le long de cette route vagabonde

Seule au monde sur toi seule fermée

Mon âme où veux tu encore aimer

Trouveras tu encore le meilleur

Dans les rues d'ici ou d'ailleurs

Entendras tu ces notes d'espoir

Pour te guider mon âme aveugle dans le noir


Rappelle toi encore

Le goût Le plus fort

Quand plus rien n'existe au monde

Que le bonheur de ces secondes

Chaque jour au temps volées 

Songe que demain tu sauras t'envoler

Rire de ces blessures humaines

Toutes marquée du sceau de l'hymen

Jeter les tristesses au caniveau

Pour vivre et rêver de nouveau


Auteur : Nairolf

samedi 9 septembre 2017

Morituri

Quand plus rien en toi ne respire

Quand vient le noir et même pire

Quand ni l'alcool ni le sexe ne viennent combler

Ces manques et ces absences cumulées

Crie à t'en broyer les tripes

Fais du vide ta patrie

Meurs à tout ça


Quand les détails prennent tant de place

Quand plus rien vraiment ne te délasse

Quand toutes les routes aperçues

Résonnent comme voies sans issue

Élève-toi vers les cieux

Enterre-toi a qui mieux mieux 

Meurs à tout ça


Quand les ombres dansent dans tes rêves

Quand chaque nuit les maux t'assaillent sans trêve

Quand tes gestes hésitants n'apportent rien

Rien d'autre que faux espoirs enfin rien de bien

Erige en ton sein une muraille

Adopte la posture du samouraï

Meurs à tout ça


Auteur : Nairolf

mercredi 6 septembre 2017

Dis moi que tu dors

Dis moi que tu dors encore

Que tes yeux fermés sur ma vie

Ne sont que bonne nouvelle

Que repos salvateur

Dis moi même en rêve

Que tu dors

Encore


Brise ce silence insoutenable

Reviens moi comme si de rien n'était

Les yeux ensommeillés

Mais rieurs toujours rieurs

Complices de notre avenir

De nos projets 

De nos envies


Dis moi que tu dors encore

Berce moi de tes mains

Caresse moi de tes mots

Reprenons juste comme avant

Avant ce silence

Injuste

Improbable


Dis moi que je dors aussi

Réveille moi de ce cauchemar

Même en sursaut

Serre moi et emmène moi ailleurs

Là où le repos m'attend

Et au milieu de tes échos

Dis moi que tu dors


Auteur : Nairolf

mercredi 2 août 2017

Il est temps

Il est temps.

Une dernière fois

Je partage
mes doutes
vers deux heures
plus rien ne m'en coûte
la rue est déserte
je la sens pleine de vie
celle des histoires
je les vois convoler
assemblées, espérées
artificielles, usurières
je les jalouse

ma démarche
mal apaisée
je longe mes songes
en fuyant la lumière des fenêtres
ne pas abuser de leur ombre
fuir leur présence
atterré, à terre
j'en imagine tant
j'ai l'imagination débordante

je gagne des longueurs
en pressant le pas
seules les âmes nocturnes
me désarment, perçantes
regard féline
caresse à mes effrois
griffure de la nuit
je guette leur silence
j'aiguise mes sens

je m'offre un crédit
à perte de Lune
sa courbe albâtre
n'enfantera plus mes fantasmes
je ne débattrai plus
sur l'essence de ma vie
tintamarre ubuesque
le pouls de la ville
me dédaigne
tel un poux, une teigne

je saigne
je me dérobe
je dérape
aucune coupure
l'essentiel est ailleurs
je saigne
je pars croiser l'amer
guerroyer sur cette ligne de fer
l'éther, lande asséchée
désolé du goût des autres
l'essentiel est ailleurs

je partage
ces dernières instants
il est deux heures
les dernières lumières s'éteignent
seuls les crimes et les passions
pulsent dans le tréfonds de ces pierres
je les caresse pour la dernière fois
un léger tremblement me surprend
sursaut de mon humanité
j’acquiesce ironiquement
je quitte cela et autrement
je glisse lentement
au premier vacarme de mon oubli

Une dernière fois

Il est temps.


dimanche 16 juillet 2017

Pensées mésophotiques

Les loups peinent à sortir

La lune caresse doucement la cime des arbres

Il est l'heure

Dans un songe qui s'ignore

De tutoyer les anges

Dans un souffle

Une complainte


La nuit ni le jour ne s'entendent

Sur l'absolue nécessité de cet instant

Cette larme suspendue

Dans laquelle se reflètent

D'un même coeur 

Les échos d'hier

Les limbes de demain


D'aventure tu retires un à un

Ces restes de vie d'emprunt

Qui te collent à la peau

À peine encore trop de lumière

Pour cette parfaite pénombre

Qui t'habille désormais

D'une invisible cape


La tête baignée de lumière grise

Brillante

Tu glisses sans un bruit

Tu te fonds dans l'ombre des ombres

Pour que cet ailleurs exulte

Pour que meure le jour

Et que vive la nuit


Auteur : Nairolf

mercredi 7 juin 2017

Again

Ce cri, 
cette flambeur essoufflée
le soleil est bien bas
bien trop bas
pour lui donner quelconque utilité
ce souffle
ce cri froid
mon ombre reste au seuil
qu'irait-elle faire là bas
tout là bas
ce froid
cette respiration arrachée
le fil, son cours, ce naufrage
les couleurs sont estompées
tant estompées
cet arrachement
cet écho souterrain
les silhouettes me sont distinctes
les idées, le rouge, tout se tarit
se tarit silencieusement
reprogrammer
reprogrammer
reprogrammer
rejeter ce système erroné
reprogrammer
et les laisser
comme je le fis tout autant
au mieux
violemment, paisiblement
qu'importe
au mieux
au mieux
au moins
au mieux.

vendredi 2 juin 2017

À larmes égales

Brillantes
Fondantes
Sèches ou glissantes
Qu'importe pourvu que les larmes coulent
Coulent et coulent encore
Comme autant de papillons égarés
Dispersés

Profonde est la blessure
L'infinie brisure
Vestige de tes rêves sans arme
D'où partent une à une tes larmes
Où résonne l'alarme
Cette blessure sans nom
Sans mot sans histoire

Souffle court
Urgence de chaque geste
Chaque minute tu cours
Tu pars les larmes restent
Souffle d'un jour
Peine du lendemain
De ces jours sans amour

Alors pleure
Pleure encore bordel
Fais sortir ces idées noires
Fouille dans ces larmes
Pleure jusqu'à plus rien jusqu'à la fin
Et vois dans ce miroir
L'écho de cette fleur d'un soir

Auteur : Nairolf


jeudi 4 mai 2017

sans cesse

Ce soir, sans cesse
des gens s'enlacent
des chiens sans laisse
je me prélasse
sans toi, tes fesses
le temps hélas
tu me délaisses
les maux ne s'effacent
tout est écrit, est dit, la messe
je m'éloigne, peu à peu, en surface
ne reste que peu de mots, de liesses
je t'ai sali, au figuré de ta face
j'en conviens, je le confesse
je paresse
je m'affaisse
Ô ma tendre esquisse, fugace
tu t'éloignes maintenant, Ô délicatesse
je fuis ton regard, profond, sagace,
me fait défaut comme mon hardiesse
ce courage du face à face
s'arrache, ce gouffre, ce stress
autour, des gens s'amassent
ni de joie, ni d'ivresse
ce soir, sans émoi, lasse
ce silence, tu me laisses.

dimanche 30 avril 2017

Dis

Dis,
pourquoi je sers
pourquoi tu m'serres
quand je suis entre tes mains
Dis
à quoi ça sert
à quoi je sers
quand je suis entre tes reins
Fuis
et puis espère
et puis, sincère
on s'en remet au lendemain
Fuis
cette galère
cette gravière
on s'en remet à la roue, son dessein
Dis
pourquoi comprendre
pourquoi s'reprendre
autant s'arracher de ce cimetière
Dis
pourquoi cette Terre
pourquoi cette sphère
autant s'envoyer en l'air
Fuis
ce n'est plus un mystère
ce n'est pas que j'en sois fier
me laisseras-tu en ton sein
Fuis
ne regarde pas hier
ne regarde pas en arrière
te lasseras-tu sur mon chemin.

dimanche 23 avril 2017

Entre deux

Entre deux sommeils,
deux temps apposés
je volais quelques secondes de ton corps
à mon regard défendant
à la nuit qui t'emmenait
à ces jours qui t'emportaient
je n'oubliais pas chaque courbe
chaque ombre qui se dessinait
je ne voulais me rendormir
je n'osais me réveiller
alors je me terrais dans les replis de ces draps
où tu m'as accueilli
je t'observais, je t'épiais, je te songeais
je t'aimais dans cette immédiateté de l'instant
puis je fermais les yeux
et doucement
comme à chaque fois
je sortais de cette torpeur lascive
où je m'espérais
ivre de ta présence
puis, dans un silence sourd
je me réveillais.

samedi 1 avril 2017

Memori index

Je te remémore
je te soupçonne
comme un lointain souvenir
que ma propre conscience n'ose éveiller
je te sais l'inaccessible
je te sais l'interdit
comme lorsque nous déambulions enfants
dans ces couloirs que nous croyions trop grands
trop sombres, avec ces hauts murs, remparts
contes, légendes et vaillance profane
qui me faisait déjà défaut
comme maintenant, quand mon souffle esquive ton ombre
mes digitales veulent encore percevoir ta présence
avant que ne se dissipe tes arabesques primesautières
qui à l'innocence de mes premiers atermoiements
te confondaient en supplice
et signifiaient mes impérities
je te remémore
je tente de m'en convaincre
ces interdits,
ces livres qu'on n'osait lire
ces courages qu'on n'osait éprouver
ces portes qu'on n'osait franchir
ces paroles qu'on osait éreinter
tout était trop
et cependant pas assez
des tonnes, des minutes, des idiomes

nous voulions tout terrasser, tout construire,
de tous nos corps, notre force,
bruire
alors que c'est nous-mêmes que nous tenions à vaincre,
à fuir.. à périr
l'inexpérience a ce prix et cette merveille tout à la fois
ce luxe de l'inconnu, dedicace de
l'ingénuité de nos premiers printemps
je te remémore
je tente de ne pas t'oublier
je tente de te souvenir

vendredi 17 mars 2017

Être d'eux

On était jeune
elle était rayonnante
j'étais posé sur son épaule
c'était comme ça
aucun destin ne pouvait l'entraver
aucun verbe, aucun mot, aucune sentence
tout résonnait, tout me raisonnait
même la passion de nos inconstances
on était jeune
tu étais belle
j'étais déjà moi
le soleil filait à l'horizon
et malgré les couleurs qui empourpraient tes pommettes
et embrasaient le ciel
j'ai su
nous étions jeunes
deux sels
près de cette plaine iodée et cristalline
deux seuls en scène
deux maestros de nos défaillances sentimentales
le cadre était là, la musique marine emplissait ce monde
les oiseaux de passage s'arrêtaient, un instant de jalousie
dans leur vocalise chantée, passionnée
pour être amoureux
il faut être deux
pauvres êtres, pour être d'eux
il aurait fallu une histoire
nous étions jeunes
mais nous n'étions que cela.