samedi 22 septembre 2018

l'atour

Courtisée par les rois
et les vallées
qui aiment tant de voir déambuler
et rire sous ton voile de soie
obscure par la clarté de tes nuits
tu avances, tu avances
tu t'enfuies
pour quel crime? quand tu danses
happée par la tendresse des besoins
tu mords à pleine dents
pour quels cris est-ce que tu geins?
c'est si simple, ici et maintenant
mutique par la présence de ton absence
leste, quel geste si lointain
t'autorises-tu, quelles danses?
je disparais, si peu, ce n'est rien
agacée par la folie des sages
tu comptes, à revers, à rebours
et moi, cela nous fait quels âges?
ta robe, ta tour, si belle, l'atour

dimanche 26 août 2018

Un peu, si peu

un peu éloigné
un peu agar agar
un peu gélatineux
un peu filandreux
un peu tout ça
un peu trop de cela
un peu en sursis
un peu soucieux
un peu conscrit
un peu soumis
un peu tout ça
un peu trop, sûrement, de cela
je suis, je sais
un peu trop, je sais
je saisis, je le sais
je le sens, le vis,
je vais
je te suis, je sais
j'étais, l'été
j'étayais, mes propos,
si forts, si frais
si proche, j'étais
appeau, ton lait
dans la peau, je t'ai
un peu de nous deux
un peu dénoué
un peu de nos faits
un peu amoureux
un peu tout ça
si peu de cela
un pas de un, de deux
un par un, deux fois mieux
un chiffre, calcul bien pensé
un corps, ou deux, noueux
un peu tout ça
si peu, sûrement, de tout cela
je suis, je sais
un peu trop, je sais
je saisis, je le sais
je le sens, le vis,
je vais
je te suis, je sais
je suis, tu es celle
je décèle ce qui suit
scelle cette nuit
toi, celle qui cette nuit
tu ficelles, les unis
moi c'est lui. Je luis.

lundi 6 août 2018

Soudain

Soudain, sous moi
un orage
l'impétuosité de l'instant
sous toi, sur ton sein
souterrain, sous tes mains
mes sens s'éfillent
s'affolent, l'évidence
sous mes mains, sous tes reins
souverain, s'érige le sens
tout encore, la connivence
sans faute, sans feinte
tu t'ériges en corps, ma souveraine.

lundi 2 avril 2018

ces matins...

ce matin, intranquille
ces matins intranquilles
ces ombres m'attirent
ces ombres m'attirent
attiser par ces feux artificiels
attirer par ces Célestes, mirages
je croise mes erreurs dans ces couloirs hallucinés
je toise mon regard, je n'ose me confronter
ces ombres m'attirent
ces ombres m'attirent
je ne cesse de m'affoler sur ces murs
je me dévêtis, peau après peau,
arrachant mon âme, interstice fantasmée
avalant mon espace et mes heures
sur cette terre qui m'envahit
jusqu'à m'ensevelir
ces ombres m'attirent
ces ombres m'attirent
ces matins intranquilles
ces matins intranquilles
ces matins intranquilles...

dimanche 3 décembre 2017

Le Jeu et La Chandelle

Le jeu n'en vaut plus, même ton ombre
rien ne se garde sous ces trombes d'eau
et soudain, je ne t'en veux plus, aussitôt
tout se dégrade.


Sûr de toi, je me noie, je sombre.


Va-t'en, je ne porterai plus la chandelle
ni les roues, ni le carosse
minuit est passé
minuit est passé
tout cela me revient
cela prend place, à côté de mon passé
le tout est un fait
c'est la fin, après le 31
c'est la fin
le costume est mal taillé
je vais partir
je vais m'en aller
tailler ma route entre ces tombes
entre ces trombes d'eau
moi le mort-noyé
asphyxié par ce breuvage, cette liqueur
je m'en suis repu
je n'en reviendrai pas
je ne te verrai plus
le jeu n'en veut plus
ta peine, la mienne


soul de toi, tu me vois, je sombre.

lundi 27 novembre 2017

Conscience

Perdu.

un peu las
je reste à ma porte, à son pas
les étoiles me ramènent au présent
je ne réclame rien
je ne proclame rien
seuls ce cahier et ses messages codifiés
me raccrochent à mes lignes
à cette vie que je n'arrive pas à dessiner
les regards sont pourtant là
tant de montagnes à me soulever
tant de passage
un sentiment
un je-ne-sais-qui
je reste coi
la chaleur est pourtant là
je regarde mes pages
aussi loin que je peux
j'ai oublié
en ais-je conscience?
forcément.

je me délicate, je me tendresse
mais déjà les traces s'effacent
le vent les pousse, bien au-delà
un peu là
un peu trop porté, vers mon passé
je marche et la rue défile
en accéléré, floue mais tangible
je touche à ce qui ne m'atteint pas
je la laisse partir
je la laisse s'en aller
l'une ou l'autre
page après page
le style est le même
sympathique
et pitoyable

en ais-je conscience?
absolument.

tant de rires, tant de caresses
à les détester
j'ai toujours ce poids
à me délester
on doit pourtant se rappeler
s'en accommoder
massif, naturel
pourtant
je ferme la porte
je ferme la fenêtre
mais
de quel côté
porter mon ombre
ranger cette image
classer ces histoires.
qui me tord, qui me fait plier
à ses exigences
à sa volonté
la réponse n'est qu'abstraction
une pure vacuité
vanité de mes inconstances
requiem clamé
je m'en meurs
je suis si vieux, à peine né
imparfait
en ais-je conscience?
éperdument.


dimanche 12 novembre 2017

R. E. V.

Rêvons
Emportons avec nous ces gouttes de pluie
Vibrons au son de cet hymne des cieux
Osons oublier le vide autour de nous
N’ayons pas peur de cet avenir mystérieux
Savourons de chaque instant son écho

Espérons
Sachons voir au coeur de la nuit le jeu des possibles
Parions sans crainte sur l’improbable
Engageons nos âmes à vibrer chaque jour un peu plus
Réalisons que demain est à construire
Ourdissons patiemment les plans les plus beaux
N’oublions pas que de la chute naît le rebond
Saisissons les chances d’aller plus loin

Vivons
Incendions nos affres d’existence
Vouons nos âmes à l’avenir
Osons écouter les battements de nos petits tambours
Ne nous perdons pas dans les coins les plus sombres
Sortons de nous mêmes pour être, simplement être

Auteur : Nairolf 

mercredi 8 novembre 2017

soirées guindées

il est déjà si tard
dans ces soirées guindées
la lune est tombée
trébuchant sur mon ombre à peine voilée
je pousse la porte, je pousse le vice
à boire un verre, sinistre, si lisse
tu danses si maladroitement, dédain
ce qui te fait glisser tes seins, si bien
sur ce tissu que je déshabille
de mon regard quasi malhabile
j'attache à mes gestes la misère provisoire
des rencontres peu attachées aux histoires
où la nuit épuise ce qui ferait un lendemain
à tes mains, à ton ombre je n'appartiens
je traverse le temps, je renverse le palpable
je m'affole, je soc, de la terre, arable
le son est saturé, la lumière détestable
l'écume est là, il crisse, le sable
le temps s'écoule, le temps s'écule
tu m'écrases, ton talon, l'aiguille
je souffle, je souffre, futile
alors je me met à danser
sur ce parquet, crissant, à gesticuler
j'attrape la poussière de ton corps, affolé
aveuglé par ce tissu, ces symboles, ces étés
je ne contrôle rien, je suis contrôlé

il est déjà si tard
encore suffisamment tôt
je caresse alors cet espoir
à défaut de ta peau

mardi 26 septembre 2017

et toi, où es-tu?

T'as oublié
tes sourires
nos balades, ces après-midi
t'as oublié
quand tu élevais la voix
je le regrette presque
ce visage
et toi,
tu ne retiens
que ce qui te ronge
tu appartiens à la nuit
plus qu'à tes songes
t'as oublié
ces fêtes, ces tables
un peu trop remplies
ces minutes de soleil
allongée, en juillet, à midi
t'as oublié
tes lignes de fuite
des horizons, des perspectives
tu t'enfouis à l'oraison
funeste sursis
tu plonges dans ce brouillard
qui t'appelle,
tu essuies
les ardoises, les souvenirs
...mon enfance aussi
t'as oublié
aujourd'hui, hier
tes deux mains, recouvert
par ce voile d'éther
j'étais ici, hier
aujourd'hui sûrement
moins qu'hier
je me ronge à mes idées
je me range à cette idée
que tu as oublié
ici et tous ces hivers
je n'arrive même pas à en pleurer
je laisse cela à tes prières
que tu invoquais naguère
t'as oublié tes fleurs, tes merveilles
que tu dépoussiérais
des jours et des heures
à les rendre pareilles
à tes envies d'enfance,
un éclat à la commissure de tes lèvres
tu tournais les pages, ces images
ces printemps, ces rivières, ensemble
qui t'émouvaient à ne plus savoir qu'en faire
maintenant tu restes immobile
figée derrière ce miroir
où tu te destines
brisée par le temps et cet enfer
pour quelques cassures, tes nerfs ivresse génétique ou que sais-je
envoient tout valser, méandres,
circonvolutions
ablation d'envie
ires neurasthéniques
t'as oublié
l'idée même d'oublier
pour vivre un peu
et aimer beaucoup
t'as oublié ces petits grains
ces petits riens
qui me berçaient
ce petit grain
cette voix, ce petit rien
qui me rassurait
et de tout ça, je ne sais plus quoi en faire
quoi faire
car moi
je ne peux l'oublier
non l'ombre devenue
mais celle qui était
la première femme de ma vie.

jeudi 21 septembre 2017

Aussi

Je reste appuyé
sur mes idées,
contre mes pensées
je vagabonde au fil du goût de tes lèvres
sur ma peau
le soleil est bas, le soleil est beau
l'audace ne me convenait pas
alors tu es venue à moi
comme ça
au détour d'un trottoir
ce jour là, comme toujours
il pleuvait
et je restais appuyé
sur mes idées
contre mes pensées
vagabondes,
fuyantes, effrayées
effaré par le feu de tes paupières
je contournais mes sentiments
c'était la vie, c'était l'amour
j'en convenais
et malgré tout
je restai appuyé
sur mes idées
contre mes pensées
j'étais un peu gauche, un peu extrême
tu en souriais
je m'en souvenais
une larme dans chaque pore
convolais dans chaque port
où je m'étalais
ivre de ces secondes
où le roulis de ton image s'écroulait
sur la grève de mes passions
ivre, malhabile, maladroit
je restais gauche
appuyé
sur mes idées
contre mes pensées
déjà toute une vie
sur ce simple échange
je vivais une demie-vie
dans tes bras, dans ton lot
à faire des plans, vivre sur une comète
à dépenser mon temps sur ta planète
une vie, si tant, et toujours trop peu
tant est si peu qu'il m'en faut peu pour autant
cette poignée de secondes
accroché à ma solitude
mes poignées liés s'en sont allés
me laissant seul
moi, toi, ton ombre et tes habitudes
envolées mes idées
à ne plus penser
j'étais beau, j'étais bien
tu as tourné dans cette rue
la pluie m'a reveillé
j'ai songé sous cette averse
à verser dans le plaisir de la vie
alors j'ai souri
et je le sais toi aussi
puis j'ai pleuré
c'est ça aussi
la vie.

mardi 19 septembre 2017

Amours vagabondes

Rappelle toi cette fable

Nos lèvres inséparables

N'attendant pour se séparer

Que la certitude de se retrouver

Dans les rues d'ailleurs ou d'ici

Au hasard de nos folies

Au pied d'une église inconnue

Nos âmes jumelles portées aux nues

Suivant à la lettre les préceptes d'Epicure

Au fond d'un train ou d'une salle obscure


Rappelle toi mon âme

Combien de joies combien de larmes

S'éparpillent et se confondent

Le long de cette route vagabonde

Seule au monde sur toi seule fermée

Mon âme où veux tu encore aimer

Trouveras tu encore le meilleur

Dans les rues d'ici ou d'ailleurs

Entendras tu ces notes d'espoir

Pour te guider mon âme aveugle dans le noir


Rappelle toi encore

Le goût Le plus fort

Quand plus rien n'existe au monde

Que le bonheur de ces secondes

Chaque jour au temps volées 

Songe que demain tu sauras t'envoler

Rire de ces blessures humaines

Toutes marquée du sceau de l'hymen

Jeter les tristesses au caniveau

Pour vivre et rêver de nouveau


Auteur : Nairolf

samedi 9 septembre 2017

Morituri

Quand plus rien en toi ne respire

Quand vient le noir et même pire

Quand ni l'alcool ni le sexe ne viennent combler

Ces manques et ces absences cumulées

Crie à t'en broyer les tripes

Fais du vide ta patrie

Meurs à tout ça


Quand les détails prennent tant de place

Quand plus rien vraiment ne te délasse

Quand toutes les routes aperçues

Résonnent comme voies sans issue

Élève-toi vers les cieux

Enterre-toi a qui mieux mieux 

Meurs à tout ça


Quand les ombres dansent dans tes rêves

Quand chaque nuit les maux t'assaillent sans trêve

Quand tes gestes hésitants n'apportent rien

Rien d'autre que faux espoirs enfin rien de bien

Erige en ton sein une muraille

Adopte la posture du samouraï

Meurs à tout ça


Auteur : Nairolf

mercredi 6 septembre 2017

Dis moi que tu dors

Dis moi que tu dors encore

Que tes yeux fermés sur ma vie

Ne sont que bonne nouvelle

Que repos salvateur

Dis moi même en rêve

Que tu dors

Encore


Brise ce silence insoutenable

Reviens moi comme si de rien n'était

Les yeux ensommeillés

Mais rieurs toujours rieurs

Complices de notre avenir

De nos projets 

De nos envies


Dis moi que tu dors encore

Berce moi de tes mains

Caresse moi de tes mots

Reprenons juste comme avant

Avant ce silence

Injuste

Improbable


Dis moi que je dors aussi

Réveille moi de ce cauchemar

Même en sursaut

Serre moi et emmène moi ailleurs

Là où le repos m'attend

Et au milieu de tes échos

Dis moi que tu dors


Auteur : Nairolf

mercredi 2 août 2017

Il est temps

Il est temps.

Une dernière fois

Je partage
mes doutes
vers deux heures
plus rien ne m'en coûte
la rue est déserte
je la sens pleine de vie
celle des histoires
je les vois convoler
assemblées, espérées
artificielles, usurières
je les jalouse

ma démarche
mal apaisée
je longe mes songes
en fuyant la lumière des fenêtres
ne pas abuser de leur ombre
fuir leur présence
atterré, à terre
j'en imagine tant
j'ai l'imagination débordante

je gagne des longueurs
en pressant le pas
seules les âmes nocturnes
me désarment, perçantes
regard féline
caresse à mes effrois
griffure de la nuit
je guette leur silence
j'aiguise mes sens

je m'offre un crédit
à perte de Lune
sa courbe albâtre
n'enfantera plus mes fantasmes
je ne débattrai plus
sur l'essence de ma vie
tintamarre ubuesque
le pouls de la ville
me dédaigne
tel un poux, une teigne

je saigne
je me dérobe
je dérape
aucune coupure
l'essentiel est ailleurs
je saigne
je pars croiser l'amer
guerroyer sur cette ligne de fer
l'éther, lande asséchée
désolé du goût des autres
l'essentiel est ailleurs

je partage
ces dernières instants
il est deux heures
les dernières lumières s'éteignent
seuls les crimes et les passions
pulsent dans le tréfonds de ces pierres
je les caresse pour la dernière fois
un léger tremblement me surprend
sursaut de mon humanité
j’acquiesce ironiquement
je quitte cela et autrement
je glisse lentement
au premier vacarme de mon oubli

Une dernière fois

Il est temps.