dimanche 16 juillet 2017

Pensées mésophotiques

Les loups peinent à sortir

La lune caresse doucement la cime des arbres

Il est l'heure

Dans un songe qui s'ignore

De tutoyer les anges

Dans un souffle

Une complainte


La nuit ni le jour ne s'entendent

Sur l'absolue nécessité de cet instant

Cette larme suspendue

Dans laquelle se reflètent

D'un même coeur 

Les échos d'hier

Les limbes de demain


D'aventure tu retires un à un

Ces restes de vie d'emprunt

Qui te collent à la peau

À peine encore trop de lumière

Pour cette parfaite pénombre

Qui t'habille désormais

D'une invisible cape


La tête baignée de lumière grise

Brillante

Tu glisses sans un bruit

Tu te fonds dans l'ombre des ombres

Pour que cet ailleurs exulte

Pour que meure le jour

Et que vive la nuit


Auteur : Nairolf

mercredi 7 juin 2017

Again

Ce cri, 
cette flambeur essoufflée
le soleil est bien bas
bien trop bas
pour lui donner quelconque utilité
ce souffle
ce cri froid
mon ombre reste au seuil
qu'irait-elle faire là bas
tout là bas
ce froid
cette respiration arrachée
le fil, son cours, ce naufrage
les couleurs sont estompées
tant estompées
cet arrachement
cet écho souterrain
les silhouettes me sont distinctes
les idées, le rouge, tout se tarit
se tarit silencieusement
reprogrammer
reprogrammer
reprogrammer
rejeter ce système erroné
reprogrammer
et les laisser
comme je le fis tout autant
au mieux
violemment, paisiblement
qu'importe
au mieux
au mieux
au moins
au mieux.

vendredi 2 juin 2017

À larmes égales

Brillantes
Fondantes
Sèches ou glissantes
Qu'importe pourvu que les larmes coulent
Coulent et coulent encore
Comme autant de papillons égarés
Dispersés

Profonde est la blessure
L'infinie brisure
Vestige de tes rêves sans arme
D'où partent une à une tes larmes
Où résonne l'alarme
Cette blessure sans nom
Sans mot sans histoire

Souffle court
Urgence de chaque geste
Chaque minute tu cours
Tu pars les larmes restent
Souffle d'un jour
Peine du lendemain
De ces jours sans amour

Alors pleure
Pleure encore bordel
Fais sortir ces idées noires
Fouille dans ces larmes
Pleure jusqu'à plus rien jusqu'à la fin
Et vois dans ce miroir
L'écho de cette fleur d'un soir

Auteur : Nairolf


jeudi 4 mai 2017

sans cesse

Ce soir, sans cesse
des gens s'enlacent
des chiens sans laisse
je me prélasse
sans toi, tes fesses
le temps hélas
tu me délaisses
les maux ne s'effacent
tout est écrit, est dit, la messe
je m'éloigne, peu à peu, en surface
ne reste que peu de mots, de liesses
je t'ai sali, au figuré de ta face
j'en conviens, je le confesse
je paresse
je m'affaisse
Ô ma tendre esquisse, fugace
tu t'éloignes maintenant, Ô délicatesse
je fuis ton regard, profond, sagace,
me fait défaut comme mon hardiesse
ce courage du face à face
s'arrache, ce gouffre, ce stress
autour, des gens s'amassent
ni de joie, ni d'ivresse
ce soir, sans émoi, lasse
ce silence, tu me laisses.

dimanche 30 avril 2017

Dis

Dis,
pourquoi je sers
pourquoi tu m'serres
quand je suis entre tes mains
Dis
à quoi ça sert
à quoi je sers
quand je suis entre tes reins
Fuis
et puis espère
et puis, sincère
on s'en remet au lendemain
Fuis
cette galère
cette gravière
on s'en remet à la roue, son dessein
Dis
pourquoi comprendre
pourquoi s'reprendre
autant s'arracher de ce cimetière
Dis
pourquoi cette Terre
pourquoi cette sphère
autant s'envoyer en l'air
Fuis
ce n'est plus un mystère
ce n'est pas que j'en sois fier
me laisseras-tu en ton sein
Fuis
ne regarde pas hier
ne regarde pas en arrière
te lasseras-tu sur mon chemin.

dimanche 23 avril 2017

Entre deux

Entre deux sommeils,
deux temps apposés
je volais quelques secondes de ton corps
à mon regard défendant
à la nuit qui t'emmenait
à ces jours qui t'emportaient
je n'oubliais pas chaque courbe
chaque ombre qui se dessinait
je ne voulais me rendormir
je n'osais me réveiller
alors je me terrais dans les replis de ces draps
où tu m'as accueilli
je t'observais, je t'épiais, je te songeais
je t'aimais dans cette immédiateté de l'instant
puis je fermais les yeux
et doucement
comme à chaque fois
je sortais de cette torpeur lascive
où je m'espérais
ivre de ta présence
puis, dans un silence sourd
je me réveillais.

samedi 1 avril 2017

Memori index

Je te remémore
je te soupçonne
comme un lointain souvenir
que ma propre conscience n'ose éveiller
je te sais l'inaccessible
je te sais l'interdit
comme lorsque nous déambulions enfants
dans ces couloirs que nous croyions trop grands
trop sombres, avec ces hauts murs, remparts
contes, légendes et vaillance profane
qui me faisait déjà défaut
comme maintenant, quand mon souffle esquive ton ombre
mes digitales veulent encore percevoir ta présence
avant que ne se dissipe tes arabesques primesautières
qui à l'innocence de mes premiers atermoiements
te confondaient en supplice
et signifiaient mes impérities
je te remémore
je tente de m'en convaincre
ces interdits,
ces livres qu'on n'osait lire
ces courages qu'on n'osait éprouver
ces portes qu'on n'osait franchir
ces paroles qu'on osait éreinter
tout était trop
et cependant pas assez
des tonnes, des minutes, des idiomes

nous voulions tout terrasser, tout construire,
de tous nos corps, notre force,
bruire
alors que c'est nous-mêmes que nous tenions à vaincre,
à fuir.. à périr
l'inexpérience a ce prix et cette merveille tout à la fois
ce luxe de l'inconnu, dedicace de
l'ingénuité de nos premiers printemps
je te remémore
je tente de ne pas t'oublier
je tente de te souvenir

vendredi 17 mars 2017

Être d'eux

On était jeune
elle était rayonnante
j'étais posé sur son épaule
c'était comme ça
aucun destin ne pouvait l'entraver
aucun verbe, aucun mot, aucune sentence
tout résonnait, tout me raisonnait
même la passion de nos inconstances
on était jeune
tu étais belle
j'étais déjà moi
le soleil filait à l'horizon
et malgré les couleurs qui empourpraient tes pommettes
et embrasaient le ciel
j'ai su
nous étions jeunes
deux sels
près de cette plaine iodée et cristalline
deux seuls en scène
deux maestros de nos défaillances sentimentales
le cadre était là, la musique marine emplissait ce monde
les oiseaux de passage s'arrêtaient, un instant de jalousie
dans leur vocalise chantée, passionnée
pour être amoureux
il faut être deux
pauvres êtres, pour être d'eux
il aurait fallu une histoire
nous étions jeunes
mais nous n'étions que cela.



mercredi 15 mars 2017

J'ai vu la lueur des sémaphores
Je me suis alors laissé faire
Je me suis lassé des autres, dehors
J'ai alors attendu puis entendu cet air
J'ai suivi ton ombre et le reste de ton corps
Je m'en souviens, dehors c'était l'hiver
J'ai compris l'intimité de ton décor
Je m'en suis réchauffé, au risque de m'y plaire
J'ai compris soudain ton chemin d'or
Je l'ai fait mien, accepté sa poussière
Tu m'as jeté ton regard, ton étrange sort
Tu m'as troublé, je me suis Lucifer
Tu t'es accaparé de mon âme et du reste de mon corps
Tu m'as lové jusqu'à notre prochaine ère
Cette histoire nous a dicté jusqu'alors
Pulser nos émotions, comme un mantra, une prière

jeudi 9 mars 2017

Pourquoi

pourquoi quand je sens arriver le moment
le sol se dérobe sous mes pieds
pourquoi quand je vois ton visage s'illuminer
la porte se claque comme un coup de vent
pourquoi quand je pense ma route tracée
je m'embourbe dans ce vaste océan
pourquoi quand je crois au signe des temps
je perds tout, ne sens que fatalité et futilité
pourquoi quand, ce miroir je me reflète devant
je préfère me détourner que le voir se fissurer
pourquoi je ne suis pas le plus beau
juste une fois, juste cette fois
pourquoi quand je croque cette pomme
je ne ressens même plus ce sang
ce poison qui coule et forme mon rang
dans ma tête et mon cœur gambergeant
pourquoi je ne sais plus me révolter
pourquoi je ne sais plus me souvenir
pourquoi je ne sais plus me soutenir
pourquoi je ne sais plus me résoudre
pourquoi, et bien plus encore
je fonce, par ce poids écraser
m'enfonce dans ce marasme sans porte enfoncée
pourquoi les fenêtres sont-elles ouvertes
et que tout devient floues quand je m'y jette
pourquoi ce ciel ci bleu restera terne et émietté
comme chacun de mes sons, de mes notes
et ces putains de rêves dans lesquels je m'étais projetés
pourquoi cette trouille
pourquoi dans ce ventre cette boule
cette bile, noire, sombre, sinistre
pourquoi je n'entends plus ces réponses
pourquoi je n'écoute que mes questionnements
stupides monstres crépusculaires
Chthulu rongeant mes dernières forces
à bout je rampe dans ces ronces, écorchés
je saigne mais ne vois rien couler
oeil, dents, je me consume totalement
pourquoi je n'avance que dans cette merde
alors mon passé et mon présent s'emmerde
alors que la route est clean, le futur propre
sans destin, sans hasard, je reste dans cette grotte
emmuré par des images, des peurs, des fautes
pourquoi je me sens seul parmi les autres
pourquoi je me sens sale parmi les autres
pourquoi ces mots guident ces lignes
pourquoi je les relirai, toutes ces mines
explose dans mon âme jusqu'aux os
pourquoi tant de conneries, tant d'idéaux
pourquoi crever sans apprendre à vivre
pourquoi tenter de partir aussi mal que de vivre
pourquoi
pourquoi
pourquoi ces possibilités, ces "ils"
alors que dans ce jeu, le "je" est cassé
pourquoi je ne lève plus la tête
pourquoi je ne lave plus mon âme
pourquoi je m'inflige ces mirages de drames
pourquoi ces drôles de dame se figurent
pourquoi je ne me sens pas propre
pourquoi j'hurle, j'enrage, je cris
pourquoi je me mure, je surnage, je subis
pourquoi ma raison ne se met pas en colère
pourquoi je n'écoute que ces paroles en l'air
pourquoi ce train fantôme, ce trône de l'enfer
pourquoi je ne vois pas ces endroits, que les revers
pourquoi je m’assassine
pourquoi je me vois allongé dans cette ruelle
pourquoi cette tombe à fleurir
pourquoi je cris seul, dans ma nuit
pourquoi cette lune blanche, ce jugement obscurcit
pourquoi je ne file même plus droit
pourquoi je me ramasse sur ces pavés
pourquoi je m'ennuis et mes heurts 
pourquoi je m'ennuis et mes heurts 
pourquoi je m'ennuis et mes heurts 
reviennent sans cesse, marées et marasmes
lancinants, rien ne passe, rien ne pousse
aucunes germes, aucuns éclats, aucune lumière
pourquoi cette journée suit la précédente
pourquoi ces mêmes maux, ces mêmes gestes
pourquoi les heures passent, l'esprit reste
pourquoi plus que je marche, je crève
pourquoi et bien plus encore
pourquoi se poser autant de questions
pourquoi autant de pourquoi
pourquoi écrire, autant se recoucher
pourquoi regarder cette fenêtre
pourquoi pas la refermer
la refermer.

lundi 20 février 2017

Le petit tas de cailloux

Ils forment un petit tas 

Tu les poses un par un

Sans trop savoir ce que ça va donner

Du moins pas toujours

Tu espères souvent qu'un nouveau caillou

Va changer la donne

Tu as envie de sculpter

Tu as envie que ce tas soit beau

Qu'il soit fort et courageux

Mais c'est juste un nouveau caillou

Tu t'en rends compte maintenant

Tu ne peux changer celui

Qui ne veut pas changer

Qui ne veut pas vraiment

Les cailloux que tu déposes

Laissent des traces

C'est certain

On dirait même qu'il change peu à peu de forme 

Ce petit tas de cailloux

Mais tu as souvent été déçue 

Un caillou qui retombe

Un qui blesse 

Un qui ne projette pas l'ombre que tu attendais 

Tu continues néanmoins

À déposer tes cailloux choisis

Des beaux cailloux

Des cailloux simples

Avec ou sans espoir

Juste parce que tu sais 

Que ce petit tas de cailloux

Toi seule peut le construire

Ou le détruire

Tu as sur ce petit tas de cailloux

Un pouvoir unique

Un don incroyable

Celui de le regarder grandir

Tomber

Se transformer

Et mourir un jour peut être

Mais pour l'instant tu les poses un à un

Ces petits cailloux

Ils forment un petit tas


Auteur : Nairolf


mardi 14 février 2017

Ma très chère F.

Habillée de ta fragilité
tu évites mon regard 
tu t'en veux, tu passes
à la dérobée, tu glisses dans la pénombre
sombres, dans tes heures-ombres
tu ne supportes plus la redite de ton Histoire
songes à tous ces signes singes
où la foule s'indigne et gesticule
sans fards, tu quittes le soir tard
le soleil de tes routes et tes marchés
le printemps des rencontres bien amoché
amarré par cet ancre qui en fait couler tant
des paroles que l'on boit jusqu'à l’hallali
des paroles que l'on lit, anesthésiantes, l'oubli
emplit l'air, emplit l'air, l'eau, le ciel et la terre
que l'on foule, comme des agneaux sourds, amaigris
alors oui
habillée de ta fragilité
tu évites mon regard
tu en souffres, tu le subis
et quand bien même tu en fais ta vie, rance
ton goût et ton miel s'est tarit
mon pays
ma France

vendredi 27 janvier 2017

Bristol

Elle habitait les bas quartiers
Bristol
traversée par ces fumées
ces corolles
d'alcool
elle semblait s'en accommoder
ce paysage la rendait
folle
de cette vie un peu déglinguée
sauvage, frivole
Elle habitait les bas quartiers
Bristol

mardi 24 janvier 2017

La montre, aussi

j'aime ta montre
et ce bras qui la porte
je suis loin d'ici tu sais
loin d'ici
mais j'entends les aiguilles qui trottent
dans ma tête, un peu ailleurs aussi
et ce bras qui les portent
le soleil se couche, il fait soir ici
le matin sera lumineux demain
le temps avance, les heures défilent
je m'en délecte, souvent du reste aussi
et ce bras qui les porte
je regarde le cadran
je regarde cette table de nuit, un peu vide
je regarde ce cadre qui l'emplit
je regarde cette photo, ce visage et le reste aussi
et cette montre
et ce bras qui la porte

lundi 16 janvier 2017

Le corbeau

J'étais bien peu de choses
dans nos discussions d'avant
un rien je dois dire m'alarmait
des lectures maudites de Mallarmé
où je me reconnaissais parfois
à présent je le souffle à demi-maux
c'était futile, tous ces mots
que je me disais devant cette glace
quand j'arpentais cette place
tremblant un peu, dans ton attente
un peu derrière toi, ta vie devant moi
je ne reconnais plus ces quotidiens
je ne rentre plus dans ces échoppes
je n'entends plus tous ces gens
je t'attends
une brise marine, je sursaute
de ces divagations je ne retiens que peu de choses
un poème de Mallarmé
une larme à peine refoulée
tu fendais la foule
j'en étais retourné
j'étais bien peu, surtout morose
accroché à des choses, des futilités
et puis l'instant d'après
à l'orée de ton oreille
je soufflais ces mots là
"c'était ici, c'était là
désormais
Le corbeau peut s'envoler
moi je reste avec toi"

hors piste

Le temps est vain
tout vent debout
le temps s'enfuit
le temps s'en fout
plus rien ne trotte
plus rien ne bouge
celles des villes
celles des gens
les aiguilles, sans crier gare
ont perdu le sens du temps
j'ai dix ans, j'ai cent ans
qu'importe, je suis vivant

sons et douceurs

Je presse le pas
Je passe la porte
J'emporte tes bas
Tes bras m'emportent
Je t'embrasse tout bas

mardi 10 janvier 2017

Hôtel à Doucet

Dans cet hôtel à Doucet
te rappelles-tu ma douce
nous étions adossés à cette falaise
en face à face
l'océan facile nous narguait de sa force
mais nous étions fous et nous nous gaussions
comme des gosses, des mômes devant ce colosse
calés à ce mur aux pieds d'argiles
nous agitions nos idéaux agiles,
la géographie de cette côte
à la géographie de nos corps
nous parcourions sans faute
des territoires jusqu'alors inconnus
l'accord était tacite et silencieux
un regard, un geste, une voix
un murmure, un remous, un embrun
un parfum qui enivrait mes sens
à dessein je perdais mes dernières défenses
défais par ce sentiment orageux
je m'épuisais à m'épuiser
au bonheur des oiseaux de passage
qui épiaient toute sorte de présage
Dans cet hôtel à Doucet
te rappelles-tu Adèle
à demi-mot tu m'acceptais
sur ce chemin, tu t'absentais
te perdais à corps et à cris
blottie, effeuillée, un peu crispée
ardemment tu vivais ce moment
derrière ce buisson, au cœur du cyclone
les étoiles et les planètes étaient bien peu de choses
adossés à la falaise
face à face, bras à bras
l'océan même nous jalousait
pour un instant, pour un instant seulement
mais, en son sein il se ment
il le sait, je le capte, je le ceins
l'éternité de cet instant
ancré dans nos mémoires et notre chair
te rappelles-tu ma chair?
comme je me rappelle de la tienne, ma chère
nous étions des amis
nous sommes devenus des amants
depuis le temps s'est retrouvé
et je suis resté tout à fait perdu
éperdu, ahuri
adossé à cette falaise,
en contre-bas de cet hôtel
à Doucet
je suis car tu m'es devenu...


vendredi 16 décembre 2016

Escape

Derrière la muraille de tes cils

Le chaos

L'écho des absolus

Le poids des erreurs

Et au bout de tes larmes

L'espoir

Quand même l'espoir


Les idées éparpillées

Tu cherches l'épaule sur laquelle

Vivre vrai

Avancer pas à pas

Tâtonner la suite

Balbutier quelques rimes 

Et tu rêves


Tu rêves de n'être plus

Ou d'être plus

C'est selon

Nulle caresse ne console

Tes absences 

Et tu tombes plus bas

Un peu plus bas


Ah l'espoir

Où l'as tu caché 

Au fond de tes yeux

De tes mots ou de tes gestes

Sur le fil de la lame

Ou au bout de cette corde

Ailleurs encore


Sans le savoir

Tu as fait ton choix

Tu as signé

Et la fin

Le début

Se mélangent

La sortie est par là


Auteur : Nairolf

jeudi 1 décembre 2016

Tout passe, Tout casse

Tout passe, tout casse
la mort, alité
poursuis ton chemin, petit homme
vers cette route où tu crèves de vouloir exister
n'oublie pas de faire chavirer tes comparses
sur ces chemins, de travers
l'important est la ligne droite, la fin est dans les crevasses
tu vas et tu viens
avec cet air, trop loin
cet océan où tu pisses ton existence
comme d'autres crachent sur des tombes
plus rien ne compte, juste tu comptes les poings
que tu ramasses pour la belle
où tu te figures si bien placé
un sentiment, où tu retourneras ta veste
ta crasse de vie, à l'injustice
aux invectives, aux doctrines et aux choix
saigne de vouloir être
après vouloir avoir vécu
saigne, petit Homme
juge toi
et tombe dans cette fosse aux lois
des lignes et des lignes à ne plus souffrir
pour ne s'offrir que la crainte du jour qui se lève
encore une fois

tout passe, tout casse
la mort, alité
la mort sera ton alliée

mercredi 23 novembre 2016

Fenêtre, voir et être vu

Par la fenêtre
au seuil des possibles
mon regard vitreux tarde à se porter
au-delà des ombres qui s'agitent
sur ce territoire d'en dehors
les silhouettes informes
ont quelque chose de rassurant
évitant de croiser l'iris et mes pensées
qui se dévoilent au travers de
cette enveloppe de verre
par de-là laquelle je me terre
rassuré par le quotidien
de mon bazar sans merveille
où le temps qui passe et presse
me conjugue au présent et me convie
à l'avenir de passer le pas, le presser
par delà les ombres et les craintes
pour briser le mythe, derrière le miroir
se découvrent les gens et leurs heures
là où pantoufle de verre et contes
n'ont plus de prise
seulement eux
et toi.