vendredi 13 novembre 2009

Comptine d'adieu

Et les mots sentent bon la fleur du fusil
Triste cantate que celle-ci
Celle d'hier et de jamais
Elle se pique de te toucher
Elle te touche à peine épicée

Mûre elle le serait
Si tes oreilles avaient des ailes
Si ces corbeaux ne parlaient d'elle
Si ces scies pouvaient t'épier

Quelle équivoque que cette terre
Quel écrit t'évoque cet hier
Urgence du démon reste à la porte

Oubliée cette austère vérité
Ramassée emballée recyclée

Et les maux sentent fuser la fleur endormie

mardi 10 novembre 2009

Le phare trois

Fier et vaillant pilier dressé devant tes yeux
Tout petit à ses pieds son allure t'impressionne
Près des rochers les vagues te poussent te sonnent
Tu te noies à moitié tu résistes faute de mieux

Nuit tombée le calme envahit vagues et cieux
Étendu sur le sol tu penses et tu t'étonnes
Plus de doutes ni de chocs te voilà presque atone
Cette spirale t'entraîne et tu te sens vieux

Et voilà qu'il s'égaye de son doigt lumineux
Il te cherche te vise il éclaire le noeud
De ton esprit faible esquif aux voiles si rares

Âme nue tu abandonnes ce qui te mine
Tes amis et tes passions deviennent ce phare
Qui de son mouvement ton avenir démine

samedi 7 novembre 2009

Cinq amis

Cinq amis réunis
La surprise est à l'heure
A l'heure de la bière et du rhum

Cinq amis pour la vie
Réunis sans raison
Sans raison pour vivre

Cinq amis de la joie
Du bonheur à donner
Donner sans contrepartie

Cinq amis et tu dis
Que personne ne pense à toi
Réalité plus belle que prévu

Cinq amis réunis
Pour une soirée unis
Heureux... ensemble

samedi 24 octobre 2009

le phare deux

De mon enfance surgit ce phare
géant de pierre face à la mer
colosse, reminiscence de mes souvenirs
haut, très haut
il me semblait toucher le ciel
corps céleste discutant avec les étoiles
dans son corps, dans son coeur
un homme s'escrimait à bouger les étoiles
filantes et éphèmeres
flamèche de lumière
dans son corps, dans son coeur
un vieillard de son oeil attendri
surveillait son troupeau
voguant sur les flots
des vagues d'âmes
devant leur salut
contre ces vagues de lames
à cet étranger, silencieux et bourru

plus tard, ce phare ne me paraissait plus si grand
il me paraissait pour autant tout aussi beau
pilier surgit de la terre
marche après marche je le vainquis
mon esprit spiralait
à chacun de ces tours que je gravissais
plus je me rapprochais de son sommet
plus mon coeur battait et battait
mes pensées s'acceleraient
je ne montais plus
j'avalais les difficultés
vite plus vite
toujours plus vite
tant de questions à poser
j'arrivais enfin, en haut
une lumière aveuglante m'accueillit
une lumière puis un son
ce son ne me paraissait pas humain
pas de chant, pas de sifflement
un son froid, des clic et des clac
la seconde me paru une éternité
clic, clac
plus la lumière me permit de voir de nouveau
le voile se dissipa
comme le brouillard au loin
et la verité
clic clac
une machine
une machine et un son
un son froid fait de clic et de clac
une machine et non un vieillard
silencieux et bourru
ce qu'elle faisait comme bruit cette machine
et même pas capable de repondre à mes questions
comment est le ciel?
les étoiles sont-elles brulantes au toucher?
les nuages, cotonneux et doux?
la lune bavarde?
mon père derrière resta lui, silencieux
puis me dit que le monsieur s'en était allé
qu'il était trop âgé
et la modernité des machines permettait de s'en passer
qu'il était trop âgé? merci papa
en y repensant, le mensonge, tu ne sais pas
et d'abord qu'est ce qu'elle y connaissait la machine!!
et d'abord parlait-elle aux étoiles, aux nuages!!
et d'abord gardait-elle ses troupeaux!!
qui paraissaient et disparaissaient aux grès des vagues!!
et d'abord comprenait-elle la mer et ses tourments!!
je m'en allais en pleurant
mes larmes au goût si proche de celui de l'ocean
que j'allais laisser derrière moi
puis je la vis
je la vis cette tasse
je le vis ce petit objet insignifiant
au bord de cette table, oublié par son propriétaire
oublié papa, tu as tord pensais-je
et je souris
le vieille homme était toujours là
il regardait au loin, appelait les navigateurs
criait au danger, protégeait
berger des étoiles
gardien de la mer
je l'entendais chanter
ces vieilles chansons d'antan
je l'entendais rire
aux bons mots du ciel, au soleil couchant
et le phare etait toujours là
fier, droit et puissant
le temps ne changeait rien
le temps ne changera rien
ce phare restera mon phare d'enfant
celui que j'ai réussi à gravir
celui dont j'ai percé les mystères

me revoilà devant ce phare
à côté de moi un enfant
dans ses yeux brillent tant d'envie et de questionnement
je cours avec lui, je m'approche du géant
deux enfants aujourd'hui
vont concquérir la terre, le ciel et l'océan

Le phare

Je ne voulais pas te perdre
Mais je me suis perdu
J'ai voulu m'accrocher
A des fils fantasmatiques...

Ce sont eux qui m'ont desarticulé
Marionette de moi-même
Marionette de mes envies
Marionette de mes pensées

Fallait pas me jeter
A corps perdu dans cette aventure
Fallait pas brûler
mon oxygène, mes yeux, mon feu
Fallait pas crever
Fallait pas crever

Trouver son chemin
Trouver sa place
chacun fait en sorte
de se respecter pour mieux aimer
pour mieux s'aimer

Trouver son chemin
Trouver sa place
Microcosme de mes pensées
Macrocosme, Je, amis, société
Gigacosme, et son chemin doré

A force de rattraper
Tout ce temps perdu
Meteo deboussolé
mon coeur se refroidit
blizzard, ne plus bouger

Je ne voulais pas te perdre
Mais je me suis perdu
J'ai voulu m'accrocher
A des fils fantasmatiques...

Ce sont eux qui m'ont desarticulé
Marionette de moi-même
Marionette de mes envies
Marionette de mes pensées

Le phare, au loin
Ange-gardien toujours allumé
Il éclaire mon chemin
Relever la tête, relever ma tête
Le voir briller...et sourire

mardi 20 octobre 2009

Des jours

Tombé sur ta vie sans prévenir
Ce froid soudain t'a surpris de sa rigueur
Pâleur stupeur horreur pleurs
Et te voilà au milieu du théâtre
Plus aucune envie de rire
Aucune chaleur ne sort de cet âtre

Des jours passent
Des amitiés t'enlassent te dépassent
Toujours ce goût de mort au fond de la gorge

Les yeux des autres te voient fort
Tu te sens si faible sans ressort
Les autres yeux ne te voient pas
Déjà cette solitude qui s'installe autour de toi
Au fond de toi il est là tu y crois
Tu sais que le rebond salutaire viendra

Des jours se tassent
Des amitiés t'appellent et te fracassent
Ecoute ces voix phares de ta liberté

Les facilités de la haine sifflent à tes oreilles
les risques du temps qui passent te poussent
A végéter à oublier de respirer
Mais sous ses airs de petit cardinal il veille
Il t'appelle et voilà cette secousse
Celle qui t'invite à espérer

Des jours du passé
Amers éclats d'écume pourtant si beaux
Pas de regrets juste une fierté

Des jours à venir
Brillants d'avance en t'attendant
Ces amitiés toujours à tes côtés


dimanche 18 octobre 2009

Guy

Guy rentrait tard
Guy et sa guitare
Guy entrechoquait
Son et cordes
Cordes et sons
Cordes à son arc
Sons à son arc
Guy s'accorde
S'accorde en ré
S'accorde en sol
Guy s'affale
S'affale sur le sol
En sol, fa, si, la
Facile a jouer
Guy a ses facilités
De sa maestria, le son sort
Sonores et trébuchantes
Tombent les notes
L'automne arrivant
Accrochent et amicroches
Souvenirs d'antan
Guy se sent noir
noir de peau, noir de coeur
Car la fille l'a quitté
Carla, fille de l'oubli
Brunit par les ombres de l'ennui
Guy rentrait tard
Guy et sa guitare
Guy sur ce quai de gare
Son arme sur son épaule
Il marche au lointain
loin, il dégaine et se déchaine
chienne de vie
son, bruit, cacophonie
Sa guitare pleure
Son maître à côté aussi
mètre après mètre
Guy s'enfonce sans la nuit

Guy et sa guitare
ce soir,
Guy va veiller tard

Je...

Qui a su se soucier de cette vie
sans se soucier de la sienne
Qui a su se perdre avec ses amis
sans s'arrêter sur leur peine
Qui a su donner à autrui
ce qu'il ne donnerait à lui-même

Qui a su
Qui a su

Qui a voulu partir
En pleurant de se retourner
Qui a voulu revenir
Sans jamais en douter
Qui a voulu retenir
Mais ses mains refermées

Qui a voulu
Qui a voulu

Je n'ai jamais su
Ce qui faisait de moi un ami
Je n'ai même jamais voulu le savoir
Ce que je sais, ce que je donnerai pour toi ami
Ce que toi même tu n'oserais vouloir
Je donnerai de mon temps, je donnerai de ma vie
Ce que je suis et non ce que tu as
Je suis au delà de ce que je ne puis

J'ai été, je suis, je serai
pour toi
un ami

lundi 12 octobre 2009

L'A.

Devant la porte
las devant cette porte
là j'étais là
ici tout s'arreta
et si tout commençait
sait on jamais
il pleut, une goutte sur mon visage
tombe ici et las
je suis las
devant cette porte
odeur de fleur
effluve du printemps
vent chaud et tourbillonnant
une goutte sur mon visage
tombe ici et las
je le suis
au dessus de moi, un ciel bleu dérangeant
une goutte sur mon visage
salée, sale journée
Devant la porte
las devant cette porte
là j'étais là
ici tout s'arreta
fermée, elle le resta
pour le meilleur et pour le pire
le pire, et voilà
là, devant cette porte
je suis là
las devant cette porte
des gens autour de moi
ici ou là
perdu je le suis
je le suis devant cette porte
là et las
douce ritournelle
en do, en ré en la
je suis là
mais tu ne l'es plus
hélas, de moi lasse
enlacés nous l'étions ici ou là
cette fichue goutte de pluie est toujours là
mais il ne pleut pas
delaissée tu t'es senti
delaissée, tu t'es lassée
hélas ici, hélas pour moi
ici ou là
devant cette porte, là
las, devant cette porte
je me retourne
le temps s'en va

ici ou là...

mercredi 23 septembre 2009

Il et elle

Elle approche sa main de la flamme oubliée
Il oublie peu à peu ce rêve anéanti
Elle détruit sans raison ce bonheur de nanti
Il espère qu'un jour il pourra se délier

Sous le poids du passé l'un et l'autre ont plié
Sans le voir venir ils l'avaient ressenti
Dans ce vieux souvenir aucun n'avait menti
Cette ancienne promesse sous un vieux peuplier

Il et elle ont vécu une histoire banale
Mais personne ne veut être un jour normal
Au travail elle s'assomme le voilà sans espoir

Le quotidien vengeur leur a volé leur rêve
Celui d'un avenir sans souci des miroirs
Dans le sable des pas s'éloignent sur la grève

lundi 7 septembre 2009

Reflets

Reflets de la lune dans tes yeux Ô amour
Eternel miroir des jours ensolleillés
Fais de mes nuits images d'un rêve éveillé
L'écho des battements de ton petit tambour

Emblèmes de ton coeur lumineux que toujours
Tu arbores tes rayons ne cessent de briller
D'un éclat bleu sur bleu qui fait s'émerveiller
Un petit homme gris qui se veut troubadour

Sans ta douce clarté le monde serait ombre
Où viendraient se nicher les pensées les plus sombres
L'éternel regret de ne pouvoir te voir

Ecoute et suis cette lumière musicale
Illusion-vérité elle peut pour toi avoir
La chaleur de l'astre à ton amour égale

lundi 31 août 2009

L'époque des mots

Quelle époque troublée
Où les mots sont souvent bafoués oubliés
Où leur importance est chaque jour relativisée
Où l'on peut vivre sans écrire
Où l'on peut écrire sans y penser
Et penser sans rire

Pas forcément mieux avant
Pas une raison pour justifier ce penchant
Un geste une réaction
N'oublions pas les mots
Trouvons leur une place au chaud
Pensons-les écrivons-les sans pression

Et quand je dis mot
Le mot dire n'est pas loin
Car des mots sans voix ne servent à rien
Il faut des coeurs pour les lire
Et des glottes pour les dire
Même à demi mot

Rappelons-nous que l'acte d'aimer
Ne consiste qu'à animer sans haine
Qu'il peut en un texte à rime se résumer
Et que celui qui l'arrime ne manque pas d'air

Pensons à oublier
Que l'oubli de penser nous ammoindrit
Oublions de penser
Aux pans serrés de sa robe vert de gris

Pour se libérer du poids des maux
Pour leur laisser une place de choix
Pour faire d'eux les nouveaux rois
Eux les mots

vendredi 21 août 2009

Dieu a donné

Pour Jonathan ("Yehonatan" : "Dieu a donné"),
donné au monde le 17 août 2009

Dieu a donné
Ce qui lui faisait le plus peur
Un libre arbitre à tous les hommes
Des défauts de toutes formes
Peut-être ce qu'il avait de meilleur

Dieu a donné
Arbres et feu pour notre terre
Eau et vent pour notre ciel
De tous ces dons de tout ce miel
Montre-toi digne légataire

Dieu a donné
Nous avons pris
Construit rompu ou inventé
Géniaux ou idiots égoïstes ou inspirés
Nous les hommes nous avons pris

Dieu a donné
Tous ces défis à surmonter
De tes yeux ronds tu les découvriras
Tu grandiras et t'épanouiras
Et tu donneras sans compter

Dieu t'a donné
Un avenir écrit en bleu
A toi de grandir dans la confiance
Dans la joie et l'espérance
Et toute histoire te sera possible

samedi 15 août 2009

Questions réponses

Jamais les questions ne se taisent
Jamais ne le laissent en paix
Le bonheur il en tâte tous les jours
Il est fait de rires de jeux et d'amour
Et pourtant ce malaise

Il se réjouit de ces moments trop rares
Où la simplicité s'invite au détour de regards
Verres partagés, mots simples ou silences amis
De l'émotion qui surgit de ces ondes allongées
Mais toujours ce sentiment de danger

A ces questions s'ajoutent des regrets
Une culpabilité teintée de nuits envisagées
Ce noir broyé n'apporte rien il passe
A qui la faute la vie l'absence ou la fuite
Toujours au bout cette impasse

Mais ces questions il les aime bien au fond
Sans elles comment sentir cet air
Cette musique qui l'emplit de notes vertes
Comment sentir qu'il respire le même air
Que cette araignée bleue pendue au plafond

Jamais les questions ne se taisent
Jamais ne le laissent en paix
Cette guerre c'est son âme sa braise
Son étincelle sa lance son épée

Et les réponses fusent et les réponses fuient

Et les réponses vaines lui posent des questions

vendredi 7 août 2009

La goudale

l'autre jour (oui je sais, ça fait un peu "stand up" de commencer ainsi, et un "stand up virtuel, cela peut avoir diverses consonnances....ceci est un appel caché pour le Djamel Comedy Club...je répète ceci...). Donc l'autre jour j'étais en course (notez l'intérêt principal de cette précision...il n'y en a pas! ah si, ça prouve que je fais des courses...pour moi...seul, et je peux ainsi manger et boire ce que je veux...seul. Tout rapprochement d'un sketch de dany boon est purement vrai).

Donc j'étais en course et je me rendis au rayonnage des bières et je me dis "tiens, si je me goûtais une bières qui m'est inconnue"..je m'en dis des choses intéressantes n'est-il pas. faut dire qu'on a le temps a l'introspection et à la mise en abime de nos propres choix quand on est...seul, ça met du piment à sa vie de se poser des questions aussi simples et désuettes (non, j'ai faux....on m'aurait encore menti?...). et donc d'un pas allant et léger je me dirigeai moi et mon caddie vers le choix proposé. On touche à l'international avec les bières, on touche à tous les pays, européens, asiatiques, océaniens...un vrai G8 se réunit ici chaque jour, et joue à qui mieux mieux pour qu'on choisisse sa conception de la vie, en l'occurence sa conception de "sa bière qu'elle est bonne à boire". Il y a aussi celles du peuple, les familiales, les low cost mais je voulais toucher du doigt au goût du luxe en m'approchant des sacro saintes bières achetées à l'unité...such an alcoholic holy graal. (à ce moment du texte, vous vous demandez toujours ce que l'auteur, donc moi...seul devant l'écran, veut nous dire...et bien figurez vous que lui non plus n'en sait fichtre rien à l'instant même, le but étant d'écrire ici...sur une bière et du miracle de son choix...me semble-t-il).

Et là je vis une bière qui ne payait pas de mine, vu que le package, symbole même du marchandising de l'ère post-modern, ne ressemblait à rien. L'habillage était gris métallisé. ça marche peut etre pour une voiture, mais tant qu'on ne prouve pas que mettre quatre roues et un moteur sur une bière lui donne un air supérieur, je douterai du choix de cette couleur pour un tel objet! C'est vrai quoi, d'habitude les études montrent qu'il faut mettre moult couleurs, texte tape-à-l'oeil, slogan ultra-pompeux et j'en passe et des meilleurs pour attirer le quidam, en l'occurence les hominidés à porte-feuille que nous sommes. Et bien pas là. c'est simple, avec juste une étiquette jaune indiquant "la goudale, bière à l'ancienne..bière de garde de haute fermentation" avec en plus le dessin d'houblon et de blé ou d'orge me semble-t-il, car le dessin est très flou (comme le destin en L1 du PSG chaque saison, ou les repliques tant réfléchies que profondes des divers protagonistes de télé realité...). Sans doute n'avait il plus d'argent pour faire mieux. Ou est-ce un concept marketing (mais ça c'est une autre histoire, car on pourrait parler dans une encyclopédie en 18 tomes, des histoires de concept anthropiques, le concept marketing et la notion de public cible pourrait facilement en occuper 1 ou 2).

J'aime bien la notion de bière "à l'ancienne". Cela fait écho aux autres produits type "la choucroute de ma grand-mère", "les confitures bonne maman", "la tarte chevre-epinard artisanale" (z'avez dejà gouté à ce type de tarte?)...En résumé, pour faire moderne, il faut mettre au gout du jour des produits du passé. En cela en restent-ils "ancestraux", "anciens", "authentiques" ou "artisanaux" (oui car la notion de produit artisanaux me fait doucement rire quand on les trouve en boite et dans les grandes surfaces et non plus sur les marchés..ou alors sur ces derniers, il faudrait parler de "produits artisanaux des marchés fais maisons avec nos mains et non des machines en batterie"...un truc du style). Donc j'ai décidé de gouter cette modernité ancestrale, cette traditionnelle innovation que cette "la goudale" (l'emploi d'un article en rajoute même sur ce caractère authentique et unique...sont forts ces marchématiciens (et vive les néologismes)...).

Continuons cette passionnante aventure de la découverte de ce contenant à houblon fermenté. revenant chez moi (oui ma vie est toujours aussi passionnante), je lu la provenance de cette bière. ça sonnait belge, comme beaucoup de bières à vrai dire (et vive les representations et autres schèmes mentaux que l'on se fait..une bière c'est belge, un plat de pâte c'est italien...et les meilleurs plats du monde sont..français !!!). Donc ça sonnait belge, presque néerlandais (allez savoir pourquoi), mais aussi français par ce côté "à l'ancienne" (on est français môssieur. on fait des produits français môssieur. on a un savoir-faire français môssieur. l'exception culturelle française est connotée sur ce produit de facture artisanale môssieur...). Alors je lis "Douai, France" (chouette c'est donc bien français...puis je continue et vois écris "Imported by: Heba Trading blah blah..Sweden" !!!
merde alors, une bière française à l'ancienne, artisanale, fait main avec toutes les exceptions cocoricoénnes que cela impliquent...fabriquée en Suède!! elle est vraiment de plus en plus moderne cette authenticité de nos produits bien de chez nous. cela voudrait dire que le secret de nos secrets, la fabrication connue, reconnue et transmise depuis des générations de français du cru...a été donné comme cela à nos comparses suédois. "il n'y a plus de saison mon bon môssieur" (a moins que l'on nous ait menti et que les vikings sont en fait des celtes exilés par une trop grande taxation des impôts de l'époque...ça marchait mieux que la suisse à l'époque peut etre...). Bref j'en restais pantois et incrédule..et je voulais crier mon désarroi autour de moi, crier à l'injustice, crier au complot du 11 septembre et bis repetita...seul...je me rappelais que j'étais seul...mon coussin et ma plante "dudule" recevèrent de plein pied toute mon ire (et surtout ne demandez pas l'explication du nom "dudule"....).

tant pis, je me suis résolu à la boire, cette bière du Grand Nord aux accents tricolores. une blonde, je n'avais pas pris le temps de regarder la couleur de ce breuvage auparavant. et là je me dis (cachez cette petite phrase qui va suivre aux enfants de moins de 12.1545 ans et par prévention et précaution, excusez ces propos quelques peu machistes ou déplacés mesdames et mesdemoiselles...surement dû à ma condition de ...solitude..teinté de mon irritabilité récente tout autant que ponctuelle), "et bien vu que je ne l'ais pas dans mon lit, autant la boire, cette blonde!!" (je vous avais prévenu hein...ce fut un acte irréfléchi de ma part, pas la peine de vous énerver maintenant ou de regretter d'avoir lu cette pléthore/ammoncellement/multitude/what else clooney de ligne... Et bien elle se vengea cette blonde car elle cognait fort (plus de 7 degrés...sûrement adaptée au climat scandinave et à ses habitants)..."de quoi découper une tête" me dis-je, "je vais la surnommer la marie-antoinette cette bière blonde à l'ancienne" (oui encore une fois l'exemple parfait de mes réflexions introspectives, vous avez raison). En plus c'est une 50 cl, tant qu'à faire hein, autant renvoyer le buveur de ce breuvage direct au pays du Valhalha !!! ce que je fis, mon Valhalha fut ma chambre et mon tombeau, mon lit.

C'est un plaisir de savoir que vous avez lu jusqu'au bout (sans doute pour moi, pour vous, c'est du "3615 my life" que vous avez regardé. oui j'ai utilisé le minitel plus que Internet pour rester dans cette atmosphère à l'ancienne, je trouve que cela sied mieux au propos). A moins que vous avez fait comme certains le font pour romans, films ou série, vous avez zappé tout le milieu pour vous concentrer sur Introduction et Conclusion, certains font de même en ce qui concerne les relations humaines, ce que je trouve déplorable au passage.

ah oui au fait, la bière fut excellente. La prochaine fois, peut etre vous raconterai-je l'aventure extraordinaire du choix d'un pâté de chez Fauchon ou la lutte intestine entre jeans et toile, pour mon futur pantalon. Que d'aventures mes ami(e)s, que d'aventures....

jeudi 6 août 2009

Montagnes


"A quoi bon soulever des montagnes quand il est si simple de passer par dessus ?"

Boris Vian

vendredi 24 juillet 2009

Le cri

Ce soir-là, le ciel était teinté de rouge
Seul avec ton âme, tu piétinais des idées noires
Chaque nouveau pas sonnait comme une victoire
Une défaite décorée de gloire

Ce soir-là aurait pu être romantique
L'astre rouge se reflétait dans les flots bleus foncés
Mais pour toi ce fut un vide
Plus rien
Un silence entouré d'un vacarme immonde

Ce soir-là, les mouettes étaient étrangement absentes
Avaient-elles deviné
Posées sur un rocher elles semblaient méditer
A ce drame en suspens
A cet ignoble geste

Ce soir-là je suis partie
Ce soir-là je t'ai laissé
J'ai pris ce raccourci
Vers la fin d'une vie blessée

Ce soir-là tu as crié





jeudi 23 juillet 2009

vie passée ? vie présente....

Petite enfance ordinaire

à troquer les tricots contre des billes en fer

pas de violence, pas d'éclat

pas de quoi remplir les journaux du soir ou la télé du matin

que dalle dans cette petite vie

qui pourrait me faire violence, et pourtant

mon coeur se balance

enfance violée, non...enfance volée, oui

on se promène tranquille dans cette petite ville tranquille

on flâne, on regarde en face

et l'autre en face regarde dans le vide

mais avec son moteur entre les jambes

et sa carrosserie à plus de 70 à l'heure

mon heure est passée en secondes

en secondes qui passent et un rembobinage

aucune tête, aucune sensation, aucune image

j'me promène dans ma mémoire

et je n'y trouve que des impasses, sens interdits et sans issues

sans retour en arrière possible

aucune violence, aucun éclat

tu parles, si contre moi-même et contre ce chauffard

Petite enfance ordinaire?

je ne sais pas, j'me rappelle plus...

mercredi 22 juillet 2009

p'tits quotidiens

On les aimes ces p'tits quotidiens
Ces joies et peines de tous les jours
Ils nous rappellent que nous sommes vivants
Ils vident nos tripes, ils chauffent notre sang
Ces mains sur les reins
Ces souffles sur ces seins
Ces mots au passif lourd
ces larmes salées, salant
Les p'tits plats, entrée, dessert gourmant

Tu les aimes ces p'tits quotidiens
Tu te lèves, exténuées de tes nuits
Tu souris, ta cigarette à la main
Tu avales ces bouffées d'oxygènes
Qui te ramènent à ta condition humaine
J'les aimerai bien ces p'tits quotidiens
Mais je ne ressens plus rien
Je suis la poussière
que tu as balayée de ta vie
Je suis le microbe
dont tu as appris à te guérir
Je suis ton défaut
Que tu as appris à maquiller
Je suis ta rage que tu as appris à maîtriser
Je suis ta peau morte
Que tu as fini par arracher

Existence zéro
Point impact 10
9, 8, 7, 6
5, 4, 3, 1, existence zéro

Ce devait pourtant être bien
Ces p'tits quotidiens
Balade, romance,
Mot sur le frigo,
Engueulades, rires et pleurs,
Cinéma, jeux, repas,
Amis, ennemis, voisins
Ce devait être bien
Ces p'tits quotidiens....
Mais tu voulais rester dans l'exceptionnel
l'extra-planétaire,
Tu voulais du prince charmant, du héros,
du Bruce, du d'Artagnan
Tu voulais décoller pour ne jamais atterrir
Tu voulais te scratcher pour mieux reconstruire
Je ne pouvais t'offrir plus que ce que je ne suis
Je ne pouvais prendre tout ce que tu exigeais
Au bord de la fenêtre, au soleil couchant
Adossés ou accolés sur un banc

J'les aimerai bien ces p'tits quotidiens
Mais tu ne ressens plus rien
Je suis la poussière
que tu as balayée de ta vie
Je suis le microbe
dont tu as appris à te guérir
Je suis ton défaut
Que tu as appris à maquiller
Je suis ta rage que tu as appris à maîtriser
Je suis ta peau morte
Que tu as fini par arracher
Existence zéro
Point impact 10
9, 8, 7, 6
5, 4, 3, 1, existence zéro

Timothé

Trublion de nos vies depuis 2 ans
Il a transformé ces 4 derniers semestres à sa manière
Muant peu à peu en petit garçon durant ces 8 trimestres fugaces
On aurait dit que ces 24 mois coulaient de source
Tellement ces 731 jours ont réservé de surprises
Heure par heure 17 544 fois
Et pas une de ces 1 052 640 secondes n'est à oublier...

mardi 21 juillet 2009

Etoile du Pérou

Une étoile vient de naître
Directement du ciel elle rit, elle pleure
De joie devant ce monde, cette Terre
Qu'elle veille de son coeur d'or.

Une étoile vient de naître
Ses yeux de braise discernent les fils
D'argent qui tissent l'incertain,
Ces yeux qui rient, ces yeux qui pleurent.

Une étoile vient de mettre
Un peu de bleu sur ses yeux
Pour être belle, pour être celle
Que la braise change en feu.

Une étoile vient d'émettre
Un signe pur dont la musique
Met de l'amour dans les coeurs
Et du bleu dans tous les yeux.

Une étoile vient se mettre
Au creux d'un être, un être cher
Sur son épaule, elle se pose
Telle un cygne de cristal.

Une étoile veut s'en remettre
Au ciel, à Dieu, à tout
Ce qui pourrait l'aider à trouver
La soeur de son âme.

Une étoile voudrait être
Être simplement être,
Aimer être en aimant l'être,
Sans Tout, sans Dieu, sans ciel.