Elle habitait les bas quartiers
Bristol
traversée par ces fumées
ces corolles
d'alcool
elle semblait s'en accommoder
ce paysage la rendait
folle
de cette vie un peu déglinguée
sauvage, frivole
Elle habitait les bas quartiers
Bristol
vendredi 27 janvier 2017
mardi 24 janvier 2017
La montre, aussi
j'aime ta montre
et ce bras qui la porte
je suis loin d'ici tu sais
loin d'ici
mais j'entends les aiguilles qui trottent
dans ma tête, un peu ailleurs aussi
et ce bras qui les portent
le soleil se couche, il fait soir ici
le matin sera lumineux demain
le temps avance, les heures défilent
je m'en délecte, souvent du reste aussi
et ce bras qui les porte
je regarde le cadran
je regarde cette table de nuit, un peu vide
je regarde ce cadre qui l'emplit
je regarde cette photo, ce visage et le reste aussi
et cette montre
et ce bras qui la porte
et ce bras qui la porte
je suis loin d'ici tu sais
loin d'ici
mais j'entends les aiguilles qui trottent
dans ma tête, un peu ailleurs aussi
et ce bras qui les portent
le soleil se couche, il fait soir ici
le matin sera lumineux demain
le temps avance, les heures défilent
je m'en délecte, souvent du reste aussi
et ce bras qui les porte
je regarde le cadran
je regarde cette table de nuit, un peu vide
je regarde ce cadre qui l'emplit
je regarde cette photo, ce visage et le reste aussi
et cette montre
et ce bras qui la porte
lundi 16 janvier 2017
Le corbeau
J'étais bien peu de choses
dans nos discussions d'avant
un rien je dois dire m'alarmait
des lectures maudites de Mallarmé
où je me reconnaissais parfois
à présent je le souffle à demi-maux
c'était futile, tous ces mots
que je me disais devant cette glace
quand j'arpentais cette place
tremblant un peu, dans ton attente
un peu derrière toi, ta vie devant moi
je ne reconnais plus ces quotidiens
je ne rentre plus dans ces échoppes
je n'entends plus tous ces gens
je t'attends
une brise marine, je sursaute
de ces divagations je ne retiens que peu de choses
un poème de Mallarmé
une larme à peine refoulée
tu fendais la foule
j'en étais retourné
j'étais bien peu, surtout morose
accroché à des choses, des futilités
et puis l'instant d'après
à l'orée de ton oreille
je soufflais ces mots là
"c'était ici, c'était là
désormais
Le corbeau peut s'envoler
moi je reste avec toi"
dans nos discussions d'avant
un rien je dois dire m'alarmait
des lectures maudites de Mallarmé
où je me reconnaissais parfois
à présent je le souffle à demi-maux
c'était futile, tous ces mots
que je me disais devant cette glace
quand j'arpentais cette place
tremblant un peu, dans ton attente
un peu derrière toi, ta vie devant moi
je ne reconnais plus ces quotidiens
je ne rentre plus dans ces échoppes
je n'entends plus tous ces gens
je t'attends
une brise marine, je sursaute
de ces divagations je ne retiens que peu de choses
un poème de Mallarmé
une larme à peine refoulée
tu fendais la foule
j'en étais retourné
j'étais bien peu, surtout morose
accroché à des choses, des futilités
et puis l'instant d'après
à l'orée de ton oreille
je soufflais ces mots là
"c'était ici, c'était là
désormais
Le corbeau peut s'envoler
moi je reste avec toi"
hors piste
Le temps est vain
tout vent debout
le temps s'enfuit
le temps s'en fout
plus rien ne trotte
plus rien ne bouge
celles des villes
celles des gens
les aiguilles, sans crier gare
ont perdu le sens du temps
j'ai dix ans, j'ai cent ans
qu'importe, je suis vivant
tout vent debout
le temps s'enfuit
le temps s'en fout
plus rien ne trotte
plus rien ne bouge
celles des villes
celles des gens
les aiguilles, sans crier gare
ont perdu le sens du temps
j'ai dix ans, j'ai cent ans
qu'importe, je suis vivant
sons et douceurs
Je presse le pas
Je passe la porte
J'emporte tes bas
Tes bras m'emportent
Je t'embrasse tout bas
Je passe la porte
J'emporte tes bas
Tes bras m'emportent
Je t'embrasse tout bas
mardi 10 janvier 2017
Hôtel à Doucet
Dans cet hôtel à Doucet
te rappelles-tu ma douce
nous étions adossés à cette falaise
en face à face
l'océan facile nous narguait de sa force
mais nous étions fous et nous nous gaussions
comme des gosses, des mômes devant ce colosse
calés à ce mur aux pieds d'argiles
nous agitions nos idéaux agiles,
la géographie de cette côte
à la géographie de nos corps
nous parcourions sans faute
des territoires jusqu'alors inconnus
l'accord était tacite et silencieux
un regard, un geste, une voix
un murmure, un remous, un embrun
un parfum qui enivrait mes sens
à dessein je perdais mes dernières défenses
défais par ce sentiment orageux
je m'épuisais à m'épuiser
au bonheur des oiseaux de passage
qui épiaient toute sorte de présage
Dans cet hôtel à Doucet
te rappelles-tu Adèle
à demi-mot tu m'acceptais
sur ce chemin, tu t'absentais
te perdais à corps et à cris
blottie, effeuillée, un peu crispée
ardemment tu vivais ce moment
derrière ce buisson, au cœur du cyclone
les étoiles et les planètes étaient bien peu de choses
adossés à la falaise
face à face, bras à bras
l'océan même nous jalousait
pour un instant, pour un instant seulement
mais, en son sein il se ment
il le sait, je le capte, je le ceins
l'éternité de cet instant
ancré dans nos mémoires et notre chair
te rappelles-tu ma chair?
comme je me rappelle de la tienne, ma chère
nous étions des amis
nous sommes devenus des amants
depuis le temps s'est retrouvé
et je suis resté tout à fait perdu
éperdu, ahuri
adossé à cette falaise,
en contre-bas de cet hôtel
à Doucet
je suis car tu m'es devenu...
te rappelles-tu ma douce
nous étions adossés à cette falaise
en face à face
l'océan facile nous narguait de sa force
mais nous étions fous et nous nous gaussions
comme des gosses, des mômes devant ce colosse
calés à ce mur aux pieds d'argiles
nous agitions nos idéaux agiles,
la géographie de cette côte
à la géographie de nos corps
nous parcourions sans faute
des territoires jusqu'alors inconnus
l'accord était tacite et silencieux
un regard, un geste, une voix
un murmure, un remous, un embrun
un parfum qui enivrait mes sens
à dessein je perdais mes dernières défenses
défais par ce sentiment orageux
je m'épuisais à m'épuiser
au bonheur des oiseaux de passage
qui épiaient toute sorte de présage
Dans cet hôtel à Doucet
te rappelles-tu Adèle
à demi-mot tu m'acceptais
sur ce chemin, tu t'absentais
te perdais à corps et à cris
blottie, effeuillée, un peu crispée
ardemment tu vivais ce moment
derrière ce buisson, au cœur du cyclone
les étoiles et les planètes étaient bien peu de choses
adossés à la falaise
face à face, bras à bras
l'océan même nous jalousait
pour un instant, pour un instant seulement
mais, en son sein il se ment
il le sait, je le capte, je le ceins
l'éternité de cet instant
ancré dans nos mémoires et notre chair
te rappelles-tu ma chair?
comme je me rappelle de la tienne, ma chère
nous étions des amis
nous sommes devenus des amants
depuis le temps s'est retrouvé
et je suis resté tout à fait perdu
éperdu, ahuri
adossé à cette falaise,
en contre-bas de cet hôtel
à Doucet
je suis car tu m'es devenu...
vendredi 16 décembre 2016
Escape
Derrière la muraille de tes cils
Le chaos
L'écho des absolus
Le poids des erreurs
Et au bout de tes larmes
L'espoir
Quand même l'espoir
Les idées éparpillées
Tu cherches l'épaule sur laquelle
Vivre vrai
Avancer pas à pas
Tâtonner la suite
Balbutier quelques rimes
Et tu rêves
Tu rêves de n'être plus
Ou d'être plus
C'est selon
Nulle caresse ne console
Tes absences
Et tu tombes plus bas
Un peu plus bas
Ah l'espoir
Où l'as tu caché
Au fond de tes yeux
De tes mots ou de tes gestes
Sur le fil de la lame
Ou au bout de cette corde
Ailleurs encore
Sans le savoir
Tu as fait ton choix
Tu as signé
Et la fin
Le début
Se mélangent
La sortie est par là
Auteur : Nairolf
jeudi 1 décembre 2016
Tout passe, Tout casse
Tout passe, tout casse
la mort, alité
poursuis ton chemin, petit homme
vers cette route où tu crèves de vouloir exister
n'oublie pas de faire chavirer tes comparses
sur ces chemins, de travers
l'important est la ligne droite, la fin est dans les crevasses
tu vas et tu viens
avec cet air, trop loin
cet océan où tu pisses ton existence
comme d'autres crachent sur des tombes
plus rien ne compte, juste tu comptes les poings
que tu ramasses pour la belle
où tu te figures si bien placé
un sentiment, où tu retourneras ta veste
ta crasse de vie, à l'injustice
aux invectives, aux doctrines et aux choix
saigne de vouloir être
après vouloir avoir vécu
saigne, petit Homme
juge toi
et tombe dans cette fosse aux lois
des lignes et des lignes à ne plus souffrir
pour ne s'offrir que la crainte du jour qui se lève
encore une fois
tout passe, tout casse
la mort, alité
la mort sera ton alliée
mercredi 23 novembre 2016
Fenêtre, voir et être vu
Par la fenêtre
au seuil des possibles
mon regard vitreux tarde à se porter
au-delà des ombres qui s'agitent
sur ce territoire d'en dehors
les silhouettes informes
ont quelque chose de rassurant
évitant de croiser l'iris et mes pensées
qui se dévoilent au travers de
cette enveloppe de verre
par de-là laquelle je me terre
rassuré par le quotidien
de mon bazar sans merveille
où le temps qui passe et presse
me conjugue au présent et me convie
à l'avenir de passer le pas, le presser
par delà les ombres et les craintes
pour briser le mythe, derrière le miroir
se découvrent les gens et leurs heures
là où pantoufle de verre et contes
n'ont plus de prise
seulement eux
et toi.
au seuil des possibles
mon regard vitreux tarde à se porter
au-delà des ombres qui s'agitent
sur ce territoire d'en dehors
les silhouettes informes
ont quelque chose de rassurant
évitant de croiser l'iris et mes pensées
qui se dévoilent au travers de
cette enveloppe de verre
par de-là laquelle je me terre
rassuré par le quotidien
de mon bazar sans merveille
où le temps qui passe et presse
me conjugue au présent et me convie
à l'avenir de passer le pas, le presser
par delà les ombres et les craintes
pour briser le mythe, derrière le miroir
se découvrent les gens et leurs heures
là où pantoufle de verre et contes
n'ont plus de prise
seulement eux
et toi.
jeudi 10 novembre 2016
je te retrouverai un soir
Je te retrouverai
un soir
un peu paumée, un grain
égarée
je te connais
si bien
tu ne sauras me
l'expliquer
je suis le garçon
d'à côté
celui qui marchait,
effacé
sur les chemins que tu empruntais
là-bas
je suis sur la ligne,
fine
souvent un peu trop à la
limite
je le reconnais
parfois
je suis celui qui
traînais
sur les photos, sur les secrets
de toi
une épaule un peu gauche
présente
pas prêt à prendre des droites
de toi
on partait dans les étoiles, les
histoires
au cinquième étage, dans les gares
parfois
je m'imaginais des ombrages
des caresses
des souffles à l'oreille, en touchant
tes doigts
tu me répondais dans ton décor
un sourire
c'était délicat, cela m'effondrait
là
dans tes yeux, j'étais celui, non lui,
las
je te connaissais pourtant, si mieux
mieux
et tu valsais autour de moi
de moi
alors j'ai concédé cette idée
la tangente
l'envie était de ne plus se retourner
un besoin
pour oublier cet air chaud, ces matins
calmes
et mon brouillard, mes tempêtes autour
de moi
à cette table, les passants s'agitent
et moi
le café est froid, je suis loin
de toi
et toi tu es si près, si près
de moi
je te retrouverai un soir
alors
un grain égarée, et tes yeux
comme ça
samedi 15 octobre 2016
hier sans autrefois
chaque route se doivent d'être empruntées
je n'arrêtais pas de me rappeler
tes mots sur cette bouche, essoufflés
ta présence pressait le pas
passait le pas
vers l'un de ces chemins
trop sombre pour ne pas y tomber
je ne comprenais pas ce sentiment
au fond de mes yeux se brouillaient les images
et ton visage s'estompait
je ne me rappelle déjà plus de cet âge
où tu passais dans mes rêves
oubliant cette frêle réalité
et cette ombre qui te portait
comment cela est arrivée
pourquoi cela est arrivée
du haut de mon enfance
que pouvais-je y faire
de ces frêles épaules
ce dragon noir insidieux
irradiant de son souffle
jusqu'à éteindre la fenêtre de tes yeux
que pouvais-je y faire
quels auraient été les mots
si les miens avaient pu sortir
pour m'envoler un peu avec toi
quelques secondes éloigner ce fantôme
intangible absence
pour derrière cette porte
au creux de tes bras
m'allonger et penser aux érables
aux feuilles de l'automne
emportées
pour mieux revenir
et si seulement toi
et si seulement toi
chaque route se devaient d'être empruntées
vais-je enfin me pardonner
vais-je enfin me pardonner
quand toi tu le faisais déjà
la porte s'éloigne
pas à pas
j'avance un peu plus
un peu moins fatigué qu'autrefois
ta présence n'est plus mon absence
vais-je enfin me pardonner
vais-je t'oublier
alors que tu me guides
une dernière fois
je n'arrêtais pas de me rappeler
tes mots sur cette bouche, essoufflés
ta présence pressait le pas
passait le pas
vers l'un de ces chemins
trop sombre pour ne pas y tomber
je ne comprenais pas ce sentiment
au fond de mes yeux se brouillaient les images
et ton visage s'estompait
je ne me rappelle déjà plus de cet âge
où tu passais dans mes rêves
oubliant cette frêle réalité
et cette ombre qui te portait
comment cela est arrivée
pourquoi cela est arrivée
du haut de mon enfance
que pouvais-je y faire
de ces frêles épaules
ce dragon noir insidieux
irradiant de son souffle
jusqu'à éteindre la fenêtre de tes yeux
que pouvais-je y faire
quels auraient été les mots
si les miens avaient pu sortir
pour m'envoler un peu avec toi
quelques secondes éloigner ce fantôme
intangible absence
pour derrière cette porte
au creux de tes bras
m'allonger et penser aux érables
aux feuilles de l'automne
emportées
pour mieux revenir
et si seulement toi
et si seulement toi
chaque route se devaient d'être empruntées
vais-je enfin me pardonner
vais-je enfin me pardonner
quand toi tu le faisais déjà
la porte s'éloigne
pas à pas
j'avance un peu plus
un peu moins fatigué qu'autrefois
ta présence n'est plus mon absence
vais-je enfin me pardonner
vais-je t'oublier
alors que tu me guides
une dernière fois
samedi 8 octobre 2016
prendre la route
Le moteur est chaud depuis longtemps
j'ai emprunté la route tôt ce matin
l'émotion en moins
l'automne en laisse
je quitte ce paysage peint
à travers cette fenêtre qui m'a accompagné
les feuilles sont un peu plus rouges
je m'en lasse de m'en apercevoir
alors qu'enfant je n'y voyais que magie
des histoires à se faire peur
j'ai emprunté la route tôt ce matin
l'émotion en moins
l'automne en laisse
je quitte ce paysage peint
à travers cette fenêtre qui m'a accompagné
les feuilles sont un peu plus rouges
je m'en lasse de m'en apercevoir
alors qu'enfant je n'y voyais que magie
des histoires à se faire peur
la route est un peu monotone
je ne fixe que les signes de l'horizon
les regards que je pourrais croiser
ne racontent rien
la pluie s'invite, cavernicole
le son s'ébruite sur ma carcasse métallique
à défaut de but à me construire
je me barricade dans cet oubli
je ne fixe que les signes de l'horizon
les regards que je pourrais croiser
ne racontent rien
la pluie s'invite, cavernicole
le son s'ébruite sur ma carcasse métallique
à défaut de but à me construire
je me barricade dans cet oubli
j'ai depuis bien longtemps
tourner le dos aux heures qui comptent
qui fleuraient les souvenirs et le miel
à l'orée des rencontres et des albums
à remplir des couleurs et de certains sourires
qui ont pu m'amener jusqu'à septembre
et la douceur des secondes immortelles
tourner le dos aux heures qui comptent
qui fleuraient les souvenirs et le miel
à l'orée des rencontres et des albums
à remplir des couleurs et de certains sourires
qui ont pu m'amener jusqu'à septembre
et la douceur des secondes immortelles
quelques notes me ramènent à cela
j'esquisse une embardée sur ce goudron
avec ce qu'il me reste de sourire
de la radio s'échappe des sensations
je laisse derrière un avant et cette belle partition
où je gesticulais entre tes bras
avec cette idée où se reflétait
au sein de ton iris et la peau de ta robe
des lettres à envoyer et un goût à recevoir
j'esquisse une embardée sur ce goudron
avec ce qu'il me reste de sourire
de la radio s'échappe des sensations
je laisse derrière un avant et cette belle partition
où je gesticulais entre tes bras
avec cette idée où se reflétait
au sein de ton iris et la peau de ta robe
des lettres à envoyer et un goût à recevoir
je file
je file
je file
la route avale ces derniers moments
la pluie s'est arrêtée
je file
je file
la route avale ces derniers moments
la pluie s'est arrêtée
autant que quiconque
à faire au mieux
je file au plus loin, maintenant.
samedi 27 août 2016
les pôles
au départ de cette aventure
tu rêvais d'épaules
d'épaule et son contraire
tu envisageais de partir
loin, entre un futur fulgurant
et un brusque lendemain
et le vent souffla
le vent souffla
les braises, le soir
avaient déjà tout retiré
je ne m'en étais pas aperçu
je n'avais rien vu
de cette comète
cette comète qui est passée
au travers de tes pensées
moi, je filai droit
tout était ouaté
nos heurts rangés
nos cœurs légers
comment veux-tu
comment voulais-tu
je fus pris de court
par un froid
glaçant, poignant
en te touchant
je perdis vite pied
l'équilibre est glissant
et ta terre, immortelle
s'est perdue à jamais
je t'ai vu partir
dans cet autre Toi
et toi, toi
tu t'es lassée, là
au départ de cette aventure
tu rêvais de mon épaule
et de son contraire
je m'en souviens
souvent, en vain.
tu rêvais d'épaules
d'épaule et son contraire
tu envisageais de partir
loin, entre un futur fulgurant
et un brusque lendemain
et le vent souffla
le vent souffla
les braises, le soir
avaient déjà tout retiré
je ne m'en étais pas aperçu
je n'avais rien vu
de cette comète
cette comète qui est passée
au travers de tes pensées
moi, je filai droit
tout était ouaté
nos heurts rangés
nos cœurs légers
comment veux-tu
comment voulais-tu
je fus pris de court
par un froid
glaçant, poignant
en te touchant
je perdis vite pied
l'équilibre est glissant
et ta terre, immortelle
s'est perdue à jamais
je t'ai vu partir
dans cet autre Toi
et toi, toi
tu t'es lassée, là
au départ de cette aventure
tu rêvais de mon épaule
et de son contraire
je m'en souviens
souvent, en vain.
mardi 26 juillet 2016
Les lacets
Tristes routes silencieuses
Reliant le rire au pire
Comme venelles malicieuses
Tristes routes silencieuses
Avançant toutes vers la fatale fin
Où es tu esprit mystérieux
Qui habitait ses yeux
Et les miens
Tout est flou désormais
Serait ce ma vue qui baisse
Ou une lente accoutumance
A une nouvelle clairvoyance
Le paysage défile
Sous nos absences conjuguées
La vie s'enfuit tout en se construisant
Le paysage défile
Calme escarpé paisible ou inquiétant
Et toi tu files
Tu vis au milieu des carcasses de rêves brisés
Et des illusions perdues
Chaque pas dans ce canyon de doutes
Te grandit
Mais ces silences sur la route
Au milieu des lacets
Te hantent
Et tu n'aspires qu'à la tempête
Au bruit à la fureur
Pour qu'enfin explose
Tout ce qu'il y a
Là
Tout au fond
De toi
Auteur : Nairolf
mercredi 22 juin 2016
colline
en tête à tête avec la brume
je sifflote dans les couloirs, un temps
un air qui trotte depuis plus de 20 ans
s'effrite et se consume
je sifflote dans les couloirs, un temps
un air qui trotte depuis plus de 20 ans
s'effrite et se consume
sans y paraître je me détourne
la volte-face est si aisée, souvent
je me souviens cette volonté sourde
ces hivers sur moi, si tentants
la volte-face est si aisée, souvent
je me souviens cette volonté sourde
ces hivers sur moi, si tentants
à défaut de me poser un instant
compter les poings est si léger
face à ce reflet, je me disperse tant
les lignes de fuite en pointillé
compter les poings est si léger
face à ce reflet, je me disperse tant
les lignes de fuite en pointillé
finir en beauté une journée, une année
avoir l'élégance de se mériter
je marche en lagune, si tentant
les rouleaux pulsatiles si émouvants
avoir l'élégance de se mériter
je marche en lagune, si tentant
les rouleaux pulsatiles si émouvants
et je regarde le ciel, je compte les secondes
je plis sous un calme assourdissant
le courage de confirmer sous cette onde
l'ais-je, visiter l'autre versant
je plis sous un calme assourdissant
le courage de confirmer sous cette onde
l'ais-je, visiter l'autre versant
mardi 31 mai 2016
et si...
cette nuit
je vais vous inventer
le bonheur des yeux rougis
la location des heures
sans doute un peu trop effilées
des notes de perles
s'effarant sur la boiserie
de cette escalier
devenu trop grand
sûrement trop petit
la marche funambule
des ombres solaires
gesticulant des adverbes
qui précèdent les envies
un ciel à s'en pourfendre
des eaux à se comprendre
un humus à la peau caramel
les feuilles à souvenir
je vais vous inventer
le bonheur des yeux rougis
la location des heures
sans doute un peu trop effilées
des notes de perles
s'effarant sur la boiserie
de cette escalier
devenu trop grand
sûrement trop petit
la marche funambule
des ombres solaires
gesticulant des adverbes
qui précèdent les envies
un ciel à s'en pourfendre
des eaux à se comprendre
un humus à la peau caramel
les feuilles à souvenir
cette nuit
je vais vous inventer
la possibilité d'une île
je vais vous inventer
la possibilité d'une île
samedi 14 mai 2016
simple passé
avant "j'étais"
cela prouvait une certaine forme
d'existence
c'est dingue quand j'y
repense
"être" semblait si doux dans mon
âtre
alors qu'une étoile qui file
fuit plus qu'elle ne brille
la poussière sans lendemain
ne s'attrape plus dans les mains
ridées, crevassées
ces jeux d'enfants
de gangsters, de mécréants
resteront ces appeaux morts
où on se drapait
quitte à risquer nos peaux
mais qui une fois disparaît
quand l'innocence devient
ce que l'adulte en fait
ce que le caniveau en fait
ce que les histoires en font
quand on s'écroule
rivé dans des espoirs
qui crèvent à l'horizon
cela prouvait une certaine forme
d'existence
c'est dingue quand j'y
repense
"être" semblait si doux dans mon
âtre
alors qu'une étoile qui file
fuit plus qu'elle ne brille
la poussière sans lendemain
ne s'attrape plus dans les mains
ridées, crevassées
ces jeux d'enfants
de gangsters, de mécréants
resteront ces appeaux morts
où on se drapait
quitte à risquer nos peaux
mais qui une fois disparaît
quand l'innocence devient
ce que l'adulte en fait
ce que le caniveau en fait
ce que les histoires en font
quand on s'écroule
rivé dans des espoirs
qui crèvent à l'horizon
avant "j'étais"
maintenant "je fus"
maintenant "je fus"
jeudi 5 mai 2016
Une
une seconde
pour oublier
l'éternité
de ces instants
pour oublier
l'éternité
de ces instants
une minute
à répudier
la pluie qui tombe
est belle pourtant
à répudier
la pluie qui tombe
est belle pourtant
une heure
envolée
les images s'égrainent
chaque lettre, rouge sang
envolée
les images s'égrainent
chaque lettre, rouge sang
une journée
puis une autre
le ciel te regarde
tu avances lentement
puis une autre
le ciel te regarde
tu avances lentement
samedi 30 avril 2016
Résonne
Étonnante aventure
Que ces heures d'après dîner
Comme au présent un pied de nez
En lettres d'or bleuté une écriture
Résonne, résonne petite voix
Émouvante ascension
Que cette montée des sens
Éblouissante flambée d'essence
Gravée sur ma peau couleur passion
Résonne, résonne encore en moi
Éclatante sensibilité
Que ces doigts sur mon bras glissant
Que le reflet de cette larme de sang
Au coin de nos yeux alités
Résonne, résonne ce cri d'émoi
Résonne, résonne et reste en moi
Petite voix
Auteur : Nairolf
lundi 25 avril 2016
Je crois
nous nous aimions peu
mais nous nous aimions bien
la première fois ce fut un lundi de juin
je crois
mais nous nous aimions bien
la première fois ce fut un lundi de juin
je crois
nous nous étions allongés sur la jetée
les oiseaux nous regardèrent passer
un temps avant de se lasser
je crois
les oiseaux nous regardèrent passer
un temps avant de se lasser
je crois
nous nous étions promis de ne rien promettre
sauf de ne pas se retourner, avant de disparaître
à se croiser, à se démêler, être à être
je crois
sauf de ne pas se retourner, avant de disparaître
à se croiser, à se démêler, être à être
je crois
nous nous étions posés des secondes
un temps suspendu, une perle à la ronde
puis le présent doute, le futur gronde
je crois
un temps suspendu, une perle à la ronde
puis le présent doute, le futur gronde
je crois
nous nous étions aimés un peu
à notre manière, à la limite, heureux
la dernière fois ce fut un jour, pluvieux
je crois
à notre manière, à la limite, heureux
la dernière fois ce fut un jour, pluvieux
je crois
vendredi 22 avril 2016
un pas de deux
j'ai
dealé
deux trois chemises
pour un we de charme
j'ai vécu
cent dérisoires
pour écrire en feuillet ce drame
j'ai voulu
trente glorieuses
et écraser dans le cendrier, cette larme
j'ai compris
une dizaine d'histoires
qui m'ont rire et m'effarent
j'ai imaginé
quatre cinq répliques
pour boire cette folie, affable
j'ai cru
en une éclipse
qui me rappelait cette femme
deux trois chemises
pour un we de charme
j'ai vécu
cent dérisoires
pour écrire en feuillet ce drame
j'ai voulu
trente glorieuses
et écraser dans le cendrier, cette larme
j'ai compris
une dizaine d'histoires
qui m'ont rire et m'effarent
j'ai imaginé
quatre cinq répliques
pour boire cette folie, affable
j'ai cru
en une éclipse
qui me rappelait cette femme
j'ai
cru
en une éclipse
qui me rappelait cette femme
en une éclipse
qui me rappelait cette femme
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