mercredi 1 décembre 2010

Mouton juste

Détour de ton esprit,
Elle peut te paraître juste.
Songe à elle, évite la tromperie.
Souvent chacun pense voir juste;
Imbibés nous sommes de duperies.
Nul n’a le savoir absolu,
Et donc, nul ne voit juste.

Me direz-vous... piperies ?
Oui mais c’est un peu fruste.
Il nous faut réfléchir, à tout prix,

Un peu par nous-mêmes.
Notre tête est faite pour, voir plus...

Me direz-vous... parti pris ?
On peut dire cela ainsi... et un peu plus...
Une idée, une opinion déjà faite et injuste.
Tellement difficile à déraciner, si robuste.
On ne voit bien qu'avec le cœur. Si vous m’avez compris,
Ne retenez qu’une chose : pas de mépris.


Auteur : Yanou

lundi 29 novembre 2010

Mouton créatif

D'aventures vibrantes en folies d'un jour
Elle absorbe ce qui lui reste d'être
Se voit grande belle et forte
Sans penser à ses questions ensevelies
Il n'y pouvait rien
Ne pouvait lui apporter ce qu'elle attendait
Esthétique du pire des choix

Mais des doutes rôdent sous les certitudes
Oserait-elle les soulever pour y poser des pensées
Îles de solitude dans cette mer indifférente

Un déclic une intuition cachés sous des mots vains
Nulle solution sans efforts douloureux

Miser sur ce qu'elle fait de mieux
Ouvrir des espaces entre le ciel et nos âmes
Utiliser ce don de faire vibrer le beau
Tout à son art tout en rêvant
Ourdir des fils merveilleux dans ses nuits d'impuissance
Ni limites ni sorties à cette vie de souffrance

Auteur : Nairolf

samedi 27 novembre 2010

Mouton mélancolique

Donne-moi seulement la raison
Et je m'éclipserai comme tu m'es apparue.
Si je ne suis plus qu'une ombre au matin,
Si tu n'es plus qu'une figure sur du papier,
Indicible vertige de l'absence
Ne laissant la place qu'à l'amertume
Et aux plaisirs de l'ignorance.

Mauvais vents des chemins pris
Oublie tu donc mes pas dans tes pas?
Infime souffle de mes lèvres sur ta peau

Un à un nos moments s'effilochent
Ne laissant qu'une pelote de haine pour l'autre

Moutons de nos cœurs étourdis
On ne suit que les fils du destin
Union des choix et des devoirs
Trahissant les belles histoires, et pourtant
On ne peut vivre sans aimer
Ni aimer sans vivre...

Auteur : Sam

jeudi 25 novembre 2010

Mouton sans pression

Dépassons nos idées reçues
Et toutes ces règles sans issues
Sachons outrepasser à son insu
Sans être dépassé ou décousu
Incarnons révolte et rébellion
Ne nous soumettons pas à la tentation
En gardant néanmoins la juste passion.

Mais pourquoi brider notre inspiration
Oppressé en majuscules et ponctuations ?
Inventons un courant libre d’expression.

Une règle doit ceci dit faire pression :
Ne savourez plus de méchouis sans compassion.

Mais c’est la fin de la récréation.
Ouvre tes bras, enlace et salue.
Un simple geste trop souvent méconnu.
Toujours ces guerres où l’on chasse où l’on tue
Oubliant qu’un dessin, échange aussi beau que tordu,
Naissant d’un mouton, aurait infiniment plu.

Auteur : Cmoimanu

dimanche 21 novembre 2010

Souvenir de Bretagne

vivement que tu me largues
vivement que tu puisses me jeter
vivement qu'un jour, on te drague
vivement que tu puisses à nouveau, rêver

je ne sais plus comment te dire
à croire qu'il me faut être plus bas que terre
afin d'avoir les mots à t'écrire
et enfin, de nouveau, te plaire


s'il faut que tu partes du domicile
s'il faut changer le codicille
s'il faut éteindre tout ce qui brille
s'il faut que je quitte notre ile

je ne sais plus comment te regarder
à croire qu'il faut me jeter à la mer
afin d'avoir ce regard sincère
et enfin, de nouveau, te plaire


alors si je dois finir sur le trottoir
à force de côtoyer trop de bars
alors si je dois broyer du noir
à force de ressasser mes histoires

je ne sais plus comment te toucher
à croire qu'il me faut être déchiré
afin d'avoir cette douceur retrouvée
et enfin, de nouveau, te plaire


si je dois être minable
n'être plus du tout fréquentable
si je dois n'être qu'une terre arable
n'être que pitié et état lamentable

je ne sais plus comment t'aimer
à croire qu'il me faut dire la vérité
afin d'avoir une éternité
et enfin, de nouveau, te plaire


vivement que tu me largues
vivement que tu puisses me jeter
vivement qu'un jour, on te drague
vivement que tu puisses à nouveau, rêver

mardi 16 novembre 2010

Je suis ton Dieu

Je suis ton Dieu alors ressaisis-toi.
J'essuie ton ombre et tes larmes de foi.
Je suis ton vœu, ta raison de croire en moi.
Je suis ce Dieu alors suis-moi.

Ouvre ton âme à l'inconnu
Ouvre ton cœur aux chemins connus.
Couvre ton orgueil méconnu.
Découvre alors ce mets connu.

Si les écrits ne te parlent plus,
Si les conseils ne t'apaisent plus,
Ciller des yeux tu n'en peux plus.
S'il le pouvait, tu ne serais plus.

Je sens errant ton esprit sans repères.
Jeu sanglotant sans foi ni pairs
Ne te brise pas cent fois tu y perds.
Intolérant ton mépris se reperd.

Plus intense, surpasse tes limites.
Plus un temps sur ce qui te délimite.
Adoptant des rêves d'ermite.
A dos, tant d'élèves tu imites.

Je sens cette peur qui te renversera.
Sans cette torpeur moins lâche tu seras.
Ce sens apeure... te ment et te mentira.
Détache ce censeur et tu te libèreras.

Ne soit ni toi ni l'ennemi,
Mais soigne cette haine mon ami.
Éloigne-toi disperse les semis,
Et gagne-moi d'un amour infini.

Je suis ton Dieu, mais ne le dis pas.
Ce que je veux c'est que tu croies en moi.
Je réalise tes vœux sans croix ni trépas
Sois réaliste et pieux ; suis mes pas crois-moi.

Auteur : Cmoimanu

jeudi 11 novembre 2010

Verticalités

Illusion     De      Plénitude     Tu    Rêves     Debout
De               rime  exacerbée  en      amers        vers
Comprendre  en     oubliant     souris   et               celle
Qui                brise   cette       liberté    incomprise   oubliée
Eclipse         céleste  ligne       absolue    solitude      immergée
La               voile      de          notre           esquif       cette
Sensation    lancée   fuite        improbable   immobile  étrange
De             partout  elle         signe            sur           parole
Vide         où         se           grandit          le            verbe
Qui         elle       réjouit      en               revenant  toujours
Exulte   rêve     pleinement appétit      liquéfié      glorifié

vendredi 5 novembre 2010

Coloriages nocturnes

La tendresse des temps est à peindre en rêvant
Des couleurs mélangées aux mystérieux éclats
Se bercer d'illusions et prendre les devants
La nuit se pose là

L'ivresse de nos jours de minute en minute
Inonde de pensées ton âme alambiquée
Tu entends siffler ton crâne cocotte minute
Rien de bien compliqué

Et si tu arrêtais de lancer des épées
Et si tu regardais la vie autour de toi
Et si une éclaircie dans ce brouillard épais
T'abritait sous son toi

Alors tu emplirais tes rêves de couleurs
Sans jamais déborder des lignes de conduite
Alors tu comprendrais le sens de cette lueur
Et plus jamais de fuite

La tendresse des temps est à peindre en rêvant
Des couleurs mélangées aux mystérieux éclats
Ouvre les yeux étend les bras en te levant
Ce jour se pose là

lundi 1 novembre 2010

étoile fuyante

Une petite étoile se meurt
allongée dans l'ombre d'un pré en fleur
le souffle d'un vent chaud ranime dans cette lande
la plainte des amoureux d'autrefois
oubliés par un temps qui efface

Je te regarde t'éteindre
et je te connais que trop
pour te laisser bercer par les effluves obsidiennes
d'une noirceur triste et calme

Même si je ne suis plus qu'un souvenir
au fond de ton lit devenu grand
même si nos regards ne se croisent
que sur le papier glacé d'une photo oubliée
même si nos âmes se sont désenchaînées

Je ne peux supporter
de voir une si belle étoile ne plus briller
Laisse moi encore t'aider
Même si, laisse moi encore t'aider

Ça ne sera pas un adieu
tu m'entends,
tu ne seras pas une comète
crinière de feu prête à s'effacer
dans un ciel si radieux

Tu m'as tant donné
plus que tu n'as reçu
A mon tour, épaule chaleureuse
de te soutenir, te couver

Brille, brille mon étoile
je ne suis plus qu'une poussière
de cette constellation, Songes et Rêves
en ce temps d'été, la nature se morfond
si leur lumière s'épuise de vivre

une petite étoile se meurt
allongée dans l'ombre d'un pré en fleur
je m'approche d'elle
l'effleure à peine, de peur de briser
ses bras papillons, sa peau délicate

Oh combien j'aimerais revoir
ce sourire, sylphe percutant
au moulin de nos sentiments
oh comme j'aimerais te revoir

Ne ferme pas ses yeux
Ne ferme pas ses yeux
qui s'émerveillaient à chaque seconde
qui brillaient d'une joie céleste
qui scrutaient chaque battement

Je ne laisserai pas
même dans l'ombre
je ne laisserai pas
cette petite étoile
fuir une vie qui lui doit tant

samedi 23 octobre 2010

Chapitre 4

Tristan serre fort les rennes de son cheval; regarde au loin, aussi loin qu'il le peut, aussi loin qu'on ne lui a jamais permis.


pendant les chasses à cours, d'aucun ne regardait la faune chassée et pourchassée; apeurée par ces humains, incompris par ces mammifères au regard cynique et à l'allure hautaine; il cherchait le soutient de son demi-frère, Yvain; en vain; ce dernier restait en retrait; comme toujours; Au regard cherché, un écho d'impuissance et de tristesse en retour; comme toujours.

Tristan regardait le cerf, fier; le rapace; libre. Il se sentait eux mais ne pouvait se résoudre à ce destin; de chassé il deviendrait le chasseur, le traqueur, la peur.


une larme


Tristan avait pris sa décision. Il suivrait son père; il fuirait sa mère; ils vivraient en révolté pour lui plaire; mais lui vivait en écorché; il ne cherchait pas à reprendre le trône, convoitise humaine; il prônait la fin de toute inhumanité humaine; pour cela il devait annihiler toute vie humaine.

Il se savait incompris dans sa tâche; en cela il ne voulait plus d'attache; sa mère devait apprendre à l'oublier, les personnes, même les plus nobles à le haïr; il ne croyait plus en l'Homme, contrairement à Yvain, stupide rêveur au projet fou.


une autre larme


Il devait s'endurcir; sa mission passait par là; le sang ne devait être qu'une larme coulant sur son armure; armure de vie; armure protectrice; la mort devait être son compagnon, la rumeur son fidèle destrier; chevauchant de villes en plaines, de villages en océan; un nom; et en détruire un autre, le premier; son père

Des années pour cela; mensonges à son père, mensonges aux dieux; sa vie devait se résumer à être l'arme; une ombre au service du néant; Tristan s'en convainquait; Tristan s'en convainquit.


mensonge à lui-même


Personne; durant la bataille, tout se mélangeait; corps, armes; sang; cris; peurs: personne; il n'en tua aucun jusqu'à son premier; il n'en tua aucun jusqu'à son objectif; objectif qui bataillait à annihiler; personne

Garde de son père; garde de son corps; ouverture; aucun témoin; précis et froid; faucon au geste précis; loup au regard acéré; être des bois, être aux abois; arbre enraciné dans un terreau de haine, lame enracinée dans un corps de haine;


me mens-je?


Seul son sang comprit; Seul son père comprit; enfin le crut-il; il pensait son fils suffisamment fort pour le remplacer au moment opportun; il sourit; seul Tristan savait ce premier pas, l'annonciateur des autres; sa course; son chemin; sa croisade; il sourit.

Son père chut ; Tristan cria ; cria le reste de son humanité ; cria le reste de son amour pour son père, ses proches, ces humains; Tristan cria pour se libérer de tout cette charge; il leva les yeux, prit les mords de son cheval; monta en selle; méthodiquement, glacialement.


un torrent de larme, pourquoi?


Tristan serre fort les rennes de son cheval; regarde au loin, aussi loin qu'il le peut, son demi-frère entre lui et son chemin; il sera le deuxième.

lundi 18 octobre 2010

Medic'amant

Je crois que c’était un matin jaune.
Un de ces matins un peu aphone,
On se lève et la vie a un gout amer.Je regarde mon coloc de lit d’hiver,
Cela fait des mois que tout est divers.
Je me mets à penser que ce devait être éphémère,
Me lève ce jour où la vie n’est plus un rêve.
Le genre de jour où une parenthèse se soulève.
Un soir où la désinhibition a laissé parlé mon cœur,
J’ai cru pouvoir partager un nouveau bonheur,
Avec l’autre, enfin, celui dont je crois que je rêvais.
Celui qui pour moi, patiemment, attendait.
J’ai alors commencé un jeu d’équilibriste en hors piste.
Et sans compter que l’homme du placard est souvent triste,
Je me suis vu vivre sans conscience et sans regret,
Des jours durant, sans voir le mal que l’espoir lui faisait.
Cet homme là fait vibrer lorsque l’autre sait m’oublier.
Il a une vie neutre et écoute pour panser.
Ce qu’il sait mais ne veut croire est que l’équilibre sur le fil est fragile.
Etre sur les deux fronts sans en avoir l’air n’est pas si facile.
>On est humain et lorsque tout se complique
Que la schizophrénie n’est pas la règle que l’on applique
On reprend ses charentaises et on retrouve son refuge
C’est ainsi qu’une relation glisse telle une luge.
Rencontres éclairs et pensées en poudre d’étoiles
Pour insuffler un peu de vent dans mes voiles.
Ce fut fatalement court et plutôt prévisible
Mais pour une vie aussi courte qu’imprévisible,
Laisser le bénéfice du doute pour la résistance d’un fil,
C’est se laisser une nouvelle chance avant que la vie ne défile.
Alors finalement, porte de placard ou parenthèse,… on les referme.
Passent le temps, les jours, les semaines et les mois,
On reprend sa vie et on oublie en quelques émois
Les maux, les médocs et les patients que sont les amants.

Auteur : Ptit Manu

jeudi 30 septembre 2010

Émois et moi

Un jour je serai moi

Il sera difficile de parler
Les mots seront bloqués derrière mes mystères
Des silences assourdissants les aggraveront
Mais

Un jour je serai moi

Je serai seul avec ces suites logiques
Des araignées de carton grimperont le long de mes jambes
L'ivresse de mes nuits sera lointaine
Mais

Un jour je serai moi

J'aurai oublié les crises existentielles
Pareil aux Aztèques je graverai des mémoires
Des cliquetis sournois résonneront en dedans
Mais

Un jour je serai moi

Et toi dans tout ça où seras-tu ?

Tu auras inscrit tes rêves dans les cieux
Tu auras empli de joie des générations d'étoiles
Tu auras dégoupillé en moi des grenades
Et vécu ces explosions de passion
Peut-être auras-tu peur
Mais tu irradieras des êtres réceptifs
Et tu martèleras mes souvenirs de tes mots

Émois
Un jour je serai moi

vendredi 24 septembre 2010

Passer à l'acte

Rire à tous ces délires sérieux
Peut-être est-ce là l'échappatoire
Absurde l'attente d'être vieux
En espérant des autres la victoire


Souffrir dans cette triste liberté
Et réfléchir à ce qui restera
Le jour où tu briseras ta fierté
Mourir sous l'œil glauque des caméras


Ramer toujours ramer dans la foule
Réparer les avirons écornés
Se garder des ravages de la houle
Et ressusciter tes rêves morts-nés


Ravir à Dieu ses étincelles d'aura
Pousser la porte d'un ailleurs improbable
Pour renverser celui qui ne saura
Reconnaître ses actes coupables


Encourager les forces de chacun
Qui unies décuplent leur puissance
Enterrer ces égoïsmes mesquins
Et du bien commun tirer la jouissance


Rire espérer souffrir réfléchir
Mourir ramer Pousser renverser
Ressusciter réparer et ravir
Reconnaître encourager enterrer

samedi 18 septembre 2010

Chapitre 3

Yvain ne vint
pas au monde pour vaincre
mais vivre
du moins il s'en convainc

Yvain vient de ce peuple
qui défit même le vent
se vante de défaire les dieux
et de faire fi du temps

Yvain a vécu son enfance
avec un demi-frère
Tristan
triste, fière

Yvain n'avoue pas
qy'Yvain ne guerroie pas
il voit en vain
une vie, vingt

Yvain en jeune homme
vit de va et vient
entre Cour, chasse
chasse à courre

Yvain d'ivresse
y verse son flot d'être
un flot de tristesse
averse

Yvain entrevoit pourtant
une vitre une lumière à travers
une vie un rayon qui traverse
sa voûte terrestre ternie par l'oubli

Yvain en cette vaste plaine
dévale sa peine
comme il dévale cette verte pente
Yvain voit Tristan et rêve...

mercredi 8 septembre 2010

Hommages aux mots dits (Année 137 EP)

Laissons parler l'époque des mots
Expression d'un jour et de ses reflets, un mot
Il y a des jours où il sort tel un cri
A toi cette musique qui sonne comme une comptine d'adieu

Qui fait que chuuuuuuut...
Des phares pour t'aider
Ce n'est pas un, mais deux voire trois qu'il te faudrait

Vers des suite et saveur loin de tes p'tits quotidiens
Et tu suis l'étoile du Pérou jusqu'au Sénégal

Toi le bad guy tu te poses l'A.
Tu profites du moment présent
Et tu te dis tel l'ermite :
Que de mes cinq amis il me reste un peu d'emphase

Je me répète que c'est elle que j'aime"

Tel Ulysse sur le chemin de Troie tu es la paille et le chêne
Il et elle te souhaitent "Laïla Saïda"
De tes paroles aveugles de Babel tu comptes

De ton tiroir à bout de papier tu exhumes
Et tu files vers ces futurs antérieurs

lundi 6 septembre 2010

suite et saveur...

une lame de fond
une larme de fond
une larme du fond du cœur

un cœur qui bat
un chœur qui bat
un chœur qui bat en harmonie

une harmonie
une arme honnie
une arme honnie le temps

un temps s'écroule
un temps s'écoule
un temps séculier

d'hier à demain
se croise des regards
et se file des destins

du lever au couchant
se croise des personnes
et défile des sentiments

d'hier à demain
du lever au couchant
la Terre et ses millions d'âmes
croustille la vie comme de grands enfants...

vendredi 27 août 2010

step one

la nuit s'annonce longue
l'orage gronde au loin
je ne sais si je vais plonger dans mes cauchemars
ou si ces derniers vont me tenir éveillé

la nuit s'annonce longue
j'écrase ma dernière cigarette
puis la suivante
puis la suivante

j'essaie encore de réfléchir
au jour, à l'heure
la seule réalité l'éclair, fugace
l'autre réalité la pièce, sombre

je me perds,
je perds ma face
je perds mes amis
je perds

la nuit sera longue
la télé grésille
mes factures traînent
je traîne mes fractures

la nuit se poursuit
je me lève
ou peut-être l'ai-je déjà fait
mon corps me fait défaut

d'été en hiver qu'ai-je fait
que restera-t-il
qui ne s'efface déjà
un but, mon essence

le cendrier déborde
l'orage fuit
je reste
je reste

samedi 21 août 2010

En Cygne de mémoire


Sans vouloir s'attrister nous nous retrouvons à pleurer.
Cette grande force que notre cœur a de nous dominer,
Permet souvent à tous ces instants d'être sublimés.
Bien différent de l'amour, ce sentiment ne peut se partager.


Il en va de plus belles si rien n'est encore cicatrisé
La blessure encore chaude en a besoin pour se refermer.
Pas de douleur ni de souffrance, laissons agir la pensée,
Seul remède efficace lorsqu'un deuil doit être abîmé.

J'ai éprouvé récemment cette méthode un soir d'été,
Plutôt efficiente dans cette fraicheur de calme et de volupté.
Fermez les yeux, détendez-vous, calmez le feu et respirez,
Cette paisible beauté nous amène alors à songer éveillés.

C'est donc sous cette immense et superbe voûte étoilée,
Que la mémoire révèle ce grand pouvoir sous-estimé.
Nos proches et défunts, disparus qui ne font que manquer,
Reprennent vie et communiquent par le détour de nos pensées.

Mon ami parti trop vite qui dans les eaux fut emporté,
M'a laissé cette fabuleuse chance de pouvoir le retrouver.
C'est donc les yeux fondus dans notre immense voie lactée,
Que je peux parfaitement contempler sa constellation préférée.

Il n'y a pas meilleur moyen alors que de se remémorer,
Le temps et le soin qu'il prenait à me montrer, à m'expliquer,
Où elle était, comment la lire et visuellement la dessiner,
Cette constellation du cygne, large et belle à en pleurer.

Chaque soir d'été je ne peux plus m'en empêcher,
Méditer, m'envoler, discuter pour le ressusciter.
Ces larmes-là sont sans doute les plus légères à couler,
Car point de tourments, une fois la déchirure refermée.

Immobile dans la douceur de la nuit emmitouflés,
Notre ciel est bien vivant, et il suffit de patienter ;
Tel un clin d'œil l'étoile filante vient alors nous le prouver.
Ne reste plus que le vœu pour que cet hymne soit signé

Auteur Cmoimanu

lundi 16 août 2010

Liberté de ton

Liberté de ton
Brise les chaînes qui retiennent tes gestes
Fais fi de leur invisibilité malsaine
Enjambe ces barrières d'un pas leste
Et avec force que tes mots assènent

Liberté de son
Exprime ces notes de malheur qui torturent ton coeur
Fais exploser les frontières auditives qui s'élancent
Crie au-delà des courbures de ces récifs moqueurs
Dérange ces ouïes aveugles de tes silences

Liberté en rond
Tourne dans tous les sens tes liens énigmatiques
Noie-toi dans leur étonnante concentricité
Eclipse d'une lune bleutée ces soleils alcooliques
Et de leurs éclats réunis laisse-toi exister

Liberté à fond
Lance-toi dans les rêves cachés au fond de ton antre
Ne crois pas que la raison te retienne
Mais pense toujours à celle de l'autre
N'oublie pas cette liberté qui reflète la tienne

Liberté de ton
Ton appel
Liberté de son
Son écho
Liberté en rond
Ronde lancinante
Liberté à fond
Fond en larmes

mardi 10 août 2010

Chapitre 2

Comme au ralenti
les chevaux tombèrent un à un
les yeux embrumés, le cœur lourd
comme au ralenti

Yvain à la lourdeur de sa charge
commander ses hommes et son clan
son père, gisant, encerclé par sa garde
son fils témoin au pied d'argile devenu géant

Yvain ne comprit pas l'enchainement des évènements
le temps jouait de ses tours
enchanteur des plaines, sorcier au vent changeant
les fils du destin s'entortillaient
serpent agile au poison lancinant
Yvain ne voulait rien de cela ni le comprenait
au loin son demi-frère au regard terrifiant

les deux camps sentirent la fatigue
lors de cette deuxième journée d'âpre combat
les hommes criaient de joie, d'horreur ou de douleur
estimant pour certains l'ineptie de ces évènements
réclamant retour et repos, mais guerrier et âme
ne voulant cependant céder à la panique ou au découragement
au deuxième jour le soleil se coucha, l'humanité tout autant

Tristan ne pouvait s'empêcher de rire
un son terrible qui l'effrayait tout autant
est-ce la joie de se battre ou celle d'occire?
possédé par sa mission sacrée ou maudite
pantin de ses démons au démon virevoltant
Tristan, épée à la main, s'arcboutant, se contorsionnant
au loin son demi-frère attendait l'affrontement

Tristan se sentait léger
dépourvu de tout sentiment
rien ne l'empêchait d'avancer
sur son chemin de bataille, ici et maintenant

Comme au ralenti
les hommes tombèrent un à un
les yeux enragés, le geste sanglant
comme au ralenti

mercredi 4 août 2010

Comme un cercle familier

Comme un cercle familier
Des prières s'élèvent du bout de ces voix harmonieuses
Des sourires s'étonnent d'être ici
Calmes au milieu de ces yeux absorbés

Comme un cercle familier
Et tu regardes celle qui était la jumelle de ton âme
Tu n'y vois plus qu'indifférence ou tristesse
Puisses-tu un jour lui parler à nouveau

Comme un cercle familier
Des coqs de talents pétrissent les mots
Glissent des idées dans les cœurs rassemblés
Et des étincelles bienveillantes brillent dans les regards alentours

Comme un cercle familier
De la joie et de la simplicité qui t'entourent
Une envie animale de fraterniser
Des mots qui font la ronde des sens

Comme un cercle familier
Mais toujours ce poids sur tes épaules
Tu en souffres mais ne peut trouver la sortie
Ce chemin doré qui forme des cercles familiers